samedi 22 novembre 2008

Mardi 1er avril : Fin de la route...Et ce n'est pas un poisson d'avril...


Par Cécile
Nous voila en pleine magie d'un tour du monde : nous oscillons d'un pays à un autre, d'un monde à l'autre, d'une culture à l'autre, aux antipodes les unes des autres.
Il y a 48 heures, nous foulions le sol péruvien, riche de son passé, de son art, de ses connaissances et pauvre d'un point de vue revenu par habitant, avec une population vivant dans des conditions précaires ; et là, nous ouvrons les yeux enfoncés dans un matelas king size sous une couette aérienne, douce et moelleuse comme de la créme chantilly, entourés d'oreillers et dont la baie vitrée nous offre une vue incroyable sur un océan bleu turquoise, dans l'un des pays les plus riche du monde mais dont l'histoire et l'identité n'arrivent pas à la cheville de ses voisins d'amérique latine.
Dans ces conditions de confort, difficile de sortir un orteil de ce cocon douillet. Notre soif de découverte l'emporte finalement. Il ne faudrait pas se croire en vacances tout de même et se laisser envahir par le farniente et se laisser prendre par une grasse matinée infructueuse...
Nous n'avons que quelques heures pour avoir un aperçu, si minime soit t-il de cette ville. Nous songeons à une excursion dans les everglades mais le temps imparti nous parait vraiment trop juste. Nous sautons donc dans nos baskets pour nous diriger vers le supermarché situé en face du complexe hotelier pour se fournir en barres chocolatées et jus de fruits qui composeront un sympathique petit déjeuner déguste au bord de la piscine, affalés dans des transats. Fort de cette énergie, nous enjambons le portail conduisant à la plage pour un pur moment d'hédonisme alliant détente, sport et spectacle vivifiant pour nos yeux grâce à ce footing d'une demie heure le long de la plage : un véritable moment d'extase !
Hervé en profitera à son retour pour plonger dans l ocean puis la piscine sous le soleil radieux de la côte américaine. Il est temps de profiter une derniére fois de notre palace, de sauter dans la douche, de réunir nos maigres bagages et partir déambuler à la rencontre de Miami. Notre premiére destination sera le fameux quartier Art déco avec son architecture année 60, ses formes arrondies, ses couleurs vives, son avenue flamboyante, ses autochtones extravertis et surfaits (voir même refaits...), ses bars et restaurants crachant un flot continu de musique, accompagnant les voitures les plus fringantes et extravagantes les unes des autres. Tous les ingrédients sont là : finalement les téléfilms décrivent de façon trés réaliste cette vie qui respire le superficiel, la paresse et le futile. Bien sur, il serait trop facile de généraliser et d'étendre ce constat à toute une population alors que ce phénoméne ne touche qu'un certain périmètre de la ville et une partie infime de sa population.
Nous longeons un bon moment le front de mer, les yeux un peu stupéfaits mais pourtant avertis de ce style de vie. Qui sont ces gens ?, Quelle est leur vie ?, Quels sont leurs valeurs, leurs centres d'intérêt, leurs joies, leurs peines ' Que cache cette futilité et veinalité ?
Un bus nous conduira ensuite jusqu'à la marina, plus loin de ce visage superficiel mais O combien touristique. Composent le paysage : les magasins de souvenirs, restaurants présentant des menus basiques mais hors de prix, des excursions en bateaux proposant de découvrir les iles et villas de millardaires... tout ici est réuni pour faire réver mais qui ? Pas nous en tout cas !
Nous partageons une salade avant d'aller se prélasser dans un parc entre la voie rapide et le port. C'est l'attente, l'heure du bilan, la prise de conscience de la fin de cette aventure et celle d'une nouvelle qui s'ouvre sur le Canada et la vie que nous allons nous inventer et nous construire là bas.
C'est le temps du rêve de cette nouvelle contrée , riche de l'incroyable de ce que nous avons vécu ces trois derniers mois.
C'est donc le coeur léger et l'esprit ouvert sur ce que nous allons vivre sur le sol nord américain que nous nous engouffrons dans le bus menant à l'aéroport, direction Canada, Quebec et Montréal avec ses 30 degrés de moins...

dimanche 16 novembre 2008

Lundi 31 Mars 2008 : Welcome to Miami...


Par Hervé
Que de nouveauté et changements pour aujourd’hui ! Nouvelle semaine tout d’abord en ce lundi matin, très particulière car elle se verra être celle de la clôture de ce tour du monde et de l’arrivée à Montréal. Et puis aussi nouveau continent, si l’on peut dire, avec l’abandon de cette si belle Amérique du Sud pour sa voisine du Nord. Le stop pour Miami nous avait été plus ou moins imposé par notre voyagiste dans la mesure où il ne semble pas exister de vol direct entre le Pérou et le Canada. Peu importe, car nous avons comme ce fut le cas dans ce périple transformé certaines contraintes en opportunités. En ce sens, nous avions décidé et réussi quelques semaines auparavant à modifier les horaires pour transformer ce qui ne devait qu’être qu’une pause de quelques heures dans l’aéroport de Miami en un séjour de 48 h dans cette station balnéaire mondialement connue. Cette ultime étape sera de ce fait placée sous le signe de la détente, du farniente, de la décompression et du repos et sorte aussi de transition entre ce Tour du Monde et la nouvelle vie de plusieurs mois qui nous attend dans le pays à la feuille d’érable.
Une fois arrivés à l’aéroport, nous décidons pour nous alléger de déposer le gros de nos bagages à la consigne et de ne prendre que l’essentiel. Renseignements pris auprès des informations touristiques, nous prenons directement le bus direction le quartier si réputé de Miami Beach. Faisant front à l’Océan et connue dans le monde entier via les séries de TV américaines, Miami Beach est une étroite et longue bande de sable de plusieurs kilomètres, légèrement détachée de la ville et sur laquelle se trouvent l’ensemble des gigantesques palaces avec piscine. Et parlons en de ces palaces… Je m’étais dis qu’il serait quand même dommage de passer une nuit à Miami, qui plus est une seule et de surcroît la dernière de ce voyage, sans profiter de ces luxueuses installations et de ce cadre de rêve. Sans trop y croire cependant car nous imaginions les tarifs inabordables, échaudés en cela par le bungalow sur pilotis de Tahiti à 1000 euros la nuit…Mais renseignements pris sur Internet pour ne pas avoir de regrets, certains prix de nuitée se verront être tout a fait abordables, car négociés par des grands groupes, et ce à notre plus grande surprise et joie et aussi pour le bonheur de notre porte monnaie… Ayant par ailleurs géré le budget du voyage de main de maître (avec un solde positif à la fin du périple de 45 euros s’il vous plait cela mérite une salve d’applaudissements !), il nous restera assez de quoi nous payer une nuit de rêve dans un de ces palaces… Pouvions nous prévoir meilleure fin ? C’est donc tout contents de profiter ce petit luxe que nous montons dans le bus en direction de cette si dense et réputée presqu’ïle hôtelière.
Dans le bus, nous sommes tout d’abord surpris car le langage employé par la population indigène est l’anglais/ américain mais aussi et surtout l’espagnol. Nous qui pensions en avoir fini avec les ola et autre buenas tardes… Nous apprendrons en fait par la suite que plus de 60% de la population est hispanique d’où l’emploi des 2 langues dans la ville pour les consignes de sécurité, les panneaux d’information et autres…
Un petit accident sans gravité surviendra durant le trajet avec une porte automatique du bus se refermant au nez et à la barbe d’un vieil homme lors de sa descente et provoquant sa chute au sol, heureusement sans gravité car retenue par des plantations. Bien que très peu touché, le vieillard insultera le chauffeur innocent et réclamera l’arrivée des secours. Beaucoup de cinéma pour rien car bien sûr le vieil homme n’avait pas une égratignure mais cet incident aura eu pour cause d’immobiliser le bus en attendant les premiers soins et nous faire perdre une heure de notre précieux temps de farniente…
Une fois arrivés dans le quartier de Miami Beach, nous décidons de nous arrêter dans la zone nous semblant la plus opportune, la signalisation étant assez mal indiquée. Bien mal nous en a pris car les hôtels, très nombreux, sont répartis sur une étroite bande de sable de plusieurs dizaines de kilomètres de long. Et comme nous n’en avions pas réservé un en particulier mais noté deux ou trois pour décider du meilleur de visu, cela risque fort de s’avérer compliqué… Loin d’être découragés, nous commencerons notre recherche que nous entrecouperons d’une visite de cette si célèbre plage de Miami.
Un esthétique ponton de bois semblant longer toute la côte sépare les complexes hôteliers de la plage, permettant aux nombreux promeneurs et joggers de profiter de la vue sans pour autant se déplacer dans le sable. Par ailleurs, une large bande d’une vingtaine de mètres de plantes de sables sépare cette voie de la plage, laquelle s’étend ensuite sur une cinquantaine de mètres avant de défier l’Océan et ses grosses vagues d’écume blanche. Nous sommes fin Mars et donc hors saison mais cela n’empêche pas le soleil de venir se rajouter à ce cadre agréable ainsi que quelques résidants ou touristes profitant des rayons de ce dernier. Il y a même quelques baigneurs intrépides qui n’hésitent pas à se jeter à l’eau, preuve du climat tempéré en cette période. Quelques tours de surveillance de baignade, bungalows, chaises pliantes et autre parasols peu ouverts se disséminent sur la côte, laissant toutefois présager une activité estivale débordante…
Nous longerons pendant quelques minutes la voie côtière avant de retrouver la grande allée de Miami Beach qui nous permet de mieux voir le nom et adresses des différents hôtels. Ces derniers affichent de belles façades qui rivalisent de beauté, devant lesquelles sont garées de luxueuses voitures et d’où sortent des femmes tout aussi élégantes que ces dernières.
Nous marchons pendant plus d’une heure sous le chaud soleil de floride et nous commençons sérieusement à avoir envie de nous poser dans un de ces luxueux palaces. Finalement, nous décidons d’entrer dans un hôtel lambda pour accéder à la zone Wifi de ce dernier qui nous permet d’accéder à internet. Nous refaisons donc l’opération effectuée au Pérou en recherchant et réservant le meilleur hôtel au meilleur prix. Cela pourra vous sembler insensé mais les prix en passant par Internet sont plus intéressants qu’en prenant directement la chambre au comptoir ! Essai effectué et vérification faite avec l’hôtel ou nous nous situons avec une différence d’une bonne trentaine de dollars tout de même! Cela s’explique en fait purement et simplement par les grands groupes de réservation en ligne qui achètent et bloquent une grande quantité de chambres et qui peuvent ainsi demander à faire baisser les tarifs et les répercuter directement sur le client. De ce fait, nous choisissons ce qui nous semble être le meilleur hôtel à un prix intéressant et réservons notre chambre via Internet et un grand voyagiste en ligne, bien que nous ne nous trouvions qu’à quelques kilomètres du produit convoité… Nous reprenons ainsi notre bâton de pèlerin pour arpenter à nouveaux la grande allée de Miami Beach qui nous semblera être sans fin ! Il est déjà plus de 13h et nous avons très peu dormi dans l’avion cette nuit. Nous commençons de plus à avoir chaud, soif, sommeil et faim et il nous tarde réellement de disposer de notre chambre. Finalement, après de longues minutes de marche et avoir longuement hésité à prendre le bus ou le taxi pour achever notre calvaire, nous pénétrons enfin dans notre palace…ouf !
Le hall d’entrée est gigantesque. On pourrait facilement y coller 4 terrains de hand ball. Les plafonds sont très hauts et recouverts d’enluminures. Tout est par la suite constitué de marbre ou garni de plantes. La classe, quoi. Le luxe. La file d’attente pour s’enregistrer est en outre aussi grande que la longueur ou hauteur de l’immense pièce. Il va donc falloir encore prendre notre mal en patience. Finalement, après une vingtaine de minutes et les procédures d’enregistrement, nous montons dans l’ascenseur pour rejoindre l’un des multiples étages de l’hôtel où se situe notre chambre. Après avoir longé un grand couloir blanc où se trouvent des peintures, nous pénétrons enfin dans notre nid d’amour. La chambre est assez spacieuse avec un énorme lit qui doit être aussi large que long et garni de je ne sais combien de coussins. La salle de bains est très stylée avec un immense miroir recouvrant un pan de mur entier. Quant à la vue, c’est une grande baie vitrée qui donne sur la piscine de la résidence mais surtout sur le front de l’Océan. Super. Comme dans nos rêves. Malgré nos estomacs qui commencent à crier famine, nous ne pouvons nous empêcher de profiter du confort de nos installations en nous délectant d’un bon et relaxant bain chaud. Pendant que Cécile installera quelques unes de ses affaires dans la chambre et n’arrêtera pas de s’émerveiller devant la vue proposée, je ferai pour ma part couler l’eau chaude tout en préparant l’ordinateur que nous utiliserons lors de notre bain pour passer de la musique et surtout regarder un petit diaporama sur quelques unes des photos de notre voyage. Instants simples mais magiques que ces quelques minutes passées dans ce bain chaud de cette chambre de Miami Beach à se rappeler aux mémorables souvenirs du périple à peine accompli…
Nous sommes tirés de cette agréable pause par nos estomacs qui crient famine et qui réclament qu’on les nourrissent. Nous sortirons dans la rue et nous nous plierons une fois de plus aux coutumes culinaires et gastronomiques du pays en entrant dans une Pizza Fast Food… Bienvenue en effet en Amérique où la malbouffe est de mise avec des chaînes de restauration rapide qui abondent à chaque coin de rue, proposant frites, hamburgers, poulet frits ou pizzas et aussi boisson gazeuse à volonté, de sorte que l’organisme soit bien repu en gras et en sucre en sortant de table…Il est en même temps difficile de ne pas adopter cette attitude car cette mauvaise habitude culinaire fait partie intégrante de la culture du pays. Il n’y a pour cela qu’à rentrer dans les supermarchés pour se faire une idée de la chose. Ici, en l’occurrence, les boissons gazeuses, chips, muffins et autres barres chocolatées garnissent les rayons. Il est de ce fait plus difficile de trouver de l’eau plate, des fruits ou légumes et ces derniers sont en outre souvent bien plus chers qu’à l’accoutumée. Tous comme les restaurants où il vous sera plus facilement proposé des ailes de poulet ou des pizzas que des poissons grillés ou viande rôtie. Heureusement que nous ne sommes pas là pour longtemps… C’est donc rassasiés que nous sortirons de l’enseigne pour nous promener dans les environs de la zone hôtelière.
D’un côté se trouve une belle marina séparant Miami Beach de la ville et où se trouvent de luxueuses maisons avec grand jardin et bateau à moteur attaché au ponton de bois. De l’autre, ce sont les rouleaux de l’Atlantique qui viennent se fracasser sur cette belle plage, sous le regard bienveillant de cette armée d’hôtels rivalisant de hauteur et de splendeur, serrés les uns aux autres et dressés comme une forteresse face à l’immensité de l’Océan.
Par ailleurs, et c’est un constat auquel nous ferons face durant ce court séjour en terre américaine, tout est assez superficiel et derrière ce luxe que dégagent certaines installations, il n’y a rien à trouver. La banalité la plus absolue. En l’occurrence, aucune trace d’histoire ou de culture, d’un quelconque respect ou souvenir pour un fait passé, une personnalité importante.
L’antagonisme est d’autant plus majeur que nous venons de quitter le Pérou, pays aux mille richesses d’un point de vue historique et culturel. Ici, c’est plat, vide et on a beau gratter derrière les colonnes de marbres des entrées des grands palaces, rien ne nous invite à un quelconque voyage dans l’histoire, la culture ou le passé de ce pays.
Après une heure passée à errer dans les rues de notre quartier, nous rentrons dans notre chambre pour profiter du confort de cette dernière et nous reposer un peu. Nous profitons en outre et sans nous lasser du panorama dont nous jouissons depuis cette dernière. Nous nous renseignerons à la réception des activités à faire pour le lendemain avant d’aller nous sustanter à un petit restaurant à sushi pour la grande joie de Cécile. Auparavant, nous assisterons au coucher de soleil sur la belle marina, assis sur le rebord du quai, nos jambes se balançant au dessus de l’eau. Ce sera une fois de plus le temps des souvenirs et des réminiscences du voyage, le temps des adieux et du bilan de cette belle aventure qui touche à sa fin.
La soirée se déroulera tranquillement, à ressasser notre périple et préparer notre arrivée au Canada, assis sur l’un des nombreux transats de la grande piscine éclairée de l’hôtel, la quiétude de la nuit s’emparant peu à peu des lieux. Nous nous endormirons assez tôt dans le lit douillet de notre belle chambre, bercés par l’incessant roulement des vagues de l’Océan qui viennent s’abattre non loin de là. Une seule nuit à Miami mais qu'elle fut belle.

dimanche 26 octobre 2008

Récapitulatif Pérou


Nourriture
Ceviche (poisson cru mariné dans du jus de citron), alpaga, avocat, pisco sour (tequila), soupes ou crèmes, poulet, mangue, lomo saltado, bananes, maïs sous différentes formes, pomme de terre, desserts bofs (cakes, bananes)

Bif
L’expérience humaine de l’île Amantani
Le Macchu Pichu
Nos hôtels…
La gentillesse des gens
Les centre ville d’Arequipa et de Cusco
Les menus à 10 soles, vraiment pas chers

Bof
La pauvreté et l’insécurité des rues hors de la Plaza de Armas de chaque ville
La descente du Wayna Picchu

Les différences
Chaque centre ville s’appelle Plaza de Armas
Les habitations ne semblent pas finies (pas de peinture, des tiges de métal dépassent…)
Un officier de police est présent derrière chaque distributeur de billet
Pays du klaxon sauf dans le centre ville de Cusco
Les pousse pousses et taxis présents en très grand nombre

Dimanche 30 Mars 2008 : Adios Pérou...


Par Cécile
Deux semaines déjà jour pour jour que nous avons posé le pied sur le sol péruvien et nous sommes aujourd’hui dans un état d’esprit totalement différent de celui de notre arrivée. Hervé est en admiration devant ce pays, sa culture, ses paysages, son histoire, ses habitants. Il est vrai que nous avons vécu des moments uniques que ce soit au bout du monde d’Amantani autour du foyer à éplucher des pommes de terre ou haut perché sur les pas sacrés du Macchu Pichu. La peur qui nous a envahi en débarquant sur ces terres a été au final positive et bénéfique, toutes les précautions étant prises pour éviter des invivables moments de psychose et pour passer au final un agréable séjour sans aucun accroc.
Nous allons encore profiter de cette belle journée pour découvrir le centre de Lima. Avant d’entreprendre cette excursion, nous devons régler quelques points du voyage avec Guillermo qui nous avait concocté et vendu notre périple. Nous avons rendez-vous avec lui vers 11h mais il nous demande de le repousser une première fois puis à une deuxième reprise. Enfin, vers 14h, une fois ce dernier vu, nous envisageons de prendre un taxi pour le centre-ville qui n’est pas tout près. Une demi-heure nous sera nécessaire pour trouver un chauffeur qui accepte de nous y accompagner sans nous dévaliser. Tout se mérite ! Nous découvrons la Plaza de Armas, ses calèches, ses touristes, ses bâtiments de style colonial et nous nous engageons sur la grande rue piétonne et commerçante de cette ville construite de toute pièces par les envahisseurs espagnols il y a quelques siècles de cela.
C’est à ce moment là que mon homme décidera de tester son péruvien à moins que ce ne soit sa bonne action du jour. Toujours est il qu’il se dirige d’un pas décidé vers une personne à l’aspect itinérante et lui demande inspiré où nous pourrions manger un ceviche, plat typique de poisson cru mariné entre autre dans du jus de citron. C’était sans aucun doute la bonne personne à qui s’adresser… Mais loin d’être bête, le personnage monnaie l’information à Hervé en échange de sa présence à l’apéritif. La conversation s’éternise et Hervé serein et à l’aise ne semble pas voir mes yeux s’agrandir au fil des minutes. Un pressage de doigt sera nécessaire pour le sortir de sa conversation passionnante et lui indiquant discrètement que le repas à trois n’est pas dans mon état d’esprit du jour…Finalement, il remettra à son nouvel ami quelques pesos et nous le quitterons pour nous diriger vers le restaurant, nos estomacs criant famine compte tenu de l’heure tardive. C’est un endroit ne payant pas de mine, fréquenté par les autochtones, sur deux étages étroits et animés par des téléviseurs dont le volume est assourdissant et retransmettant un match de Futbol. Une pure scène de la vie quotidienne péruvienne. Nous optons pour le menu avec ceviche et sommes servis très rapidement. Ce plat national est très bon mais ne surclasse pas notre faible pour le poisson cru au lait de coco préparé à Tahiti par la maman de Vanaa ! Il est en outre servi avec un pichet de Chicha Morada, une boisson locale assez bizarre à base de maïs. C’est donc bien rassasiés que noue reprenons le chemin inverse pour retourner dans notre quartier de Miraflores non sans faire un arrêt dans un magasin de vêtement où je faiblirai devant une robe pull que nous achèterons. Elle sera de bonne augure pour le Canada et ses températures d’un autre monde…
Hervé, dans sa soif du jour de communiquer avec la population locale tentera d’établir une discussion avec le chauffeur de taxi qui nous fera monter dans sa voiture miniature toute jaune et bonne pour la casse… Je ne suis pas encore bien sure qu’ils se soient compris mutuellement mais l’expérience était assez comique. Le seul élément que nous croyons avoir compris est qu’un petit tremblement de terre s’est produit la nuit passée sur la ville…et dire que nous n’avons rien senti !
Nous n’allions pas clore notre séjour au Pérou et notre Tour du monde sans faire le tour des marchés artisanaux environ 3 fois chacun afin qu’Hervé puisse ramener des souvenirs à certains de ses proches. Autant vous dire qu’au bout de quelques heures, je commençais à en avoir vraiment ras le bol surtout qu’Hervé voulait retourner au marché le plus éloigné pour acheter un objet pour ses parents dont la couleur de l’illustration était un peu différente de tous ceux dans les échoppes les plus proches ! Pris de remords, mon homme se fera pardonner en m’achetant une bague sur le marché local. Finalement, j’adore les marchés artisanaux…
C’est donc un peu les pieds en compote et les yeux exorbités par les produits péruviens que nous traverserons le parc de Miraflores pour rentrer à l’hôtel. Il sera le temps de réunir nos bagages et de remercier chaleureusement notre jeune aubergiste pour sa gentillesse et sa disponibilité.
C’est non sans une certaine émotion que nous nous engouffrons dans le taxi qui nous amènera à l’aéroport international, en compagnie de notre chauffeur attitré sur tous nos déplacements sur ce tronçon bien particulier. Nous ne parlons pas trop dans la voiture et essayons de profiter au maximum. Chaque kilomètre effectué, chaque minute passée nous amène en effet inlassablement et irrémédiablement vers la fin de ce Tour du Monde….
Nous quitterons le sol péruvien un peu avant minuit, non sans avoir adressé un dernier adieu à ce pays si merveilleux.

vendredi 10 octobre 2008

Samedi 29 mars 2008 : De Cusco à Lima


Par Hervé
Cela aura été notre dernière nuit passée dans l’ancienne capitale de l’empire inca. Nous quittons en effet Cusco pour Lima dans l’après midi. En ce sens, nous apprécions encore plus qu’à l’accoutumée notre petite grasse matinée et notre petit déjeuner dans le patio de notre charmant hôtel. Nous ne prendrons pas non plus nos aises trop longtemps car il nous reste encore des courses à faire et notamment l’ultime achat des souvenirs recensés la veille. Oui, je sais. Pour ce qui me connaissent bien voire très bien, j’ai la fâcheuse manie de rarement pour ne pas dire jamais acheter quelque chose du premier coup, encore moins sur un coup de tête. Une étude comparative minutieuse est selon moi nécessaire pour être sûr de faire le bon choix. Et cela passe inexorablement, au grand désespoir des personnes qui m’accompagnent, par un recensement général du produit susceptible de m’intéresser dans l’ensemble de l’espace de vente afin de dénicher ce dernier au meilleur rapport qualité/prix possible… Et cet espace peut être un marché, un quartier, une ville,…Je m’excuse souvent d’être comme ça mais je me dis aussi que ce n’est pas de ma faute et que ce comportement s’inscrit forcément dans mes gênes. Pas besoin d’aller chercher très loin, on ne peut pas dire que cela a sauté des générations… Et désolé mon cher papa, mais là je ne peux que tenir de toi… Je me rappelle encore de cet après midi passée dans un magasin pendant les vacances d’été. Nous étions descendus avec Olivier, maman et toi faire des réapprovisionnements pour les semaines de vacances qui nous restaient à passer à St Hilaire de Lavit. Pour aller plus vite, nous nous étions partagés la liste des courses, Maman partant à l’aventure avec son grand chariot et sa liste monstrueuse, nous laissant tous les trois pour le reste des achats dont le premier était du saucisson. Je ne me rappelle plus du temps passé dans ce rayon à tout comparer, soupeser, calculer, le prix au kilog, la longueur, la grosseur,… Ce dont je me souviendrai le plus est la tête de Maman, de longues dizaines de minutes plus tard, dépassant à peine de son chariot débordant de victuailles et nous retrouvant à ce même rayon des saucissons, dévisageant à la fois incrédule et résignée mon père, qui , dans ses petit souliers, avait pourtant réussi l’impossible exploit de n’avoir plus qu’à choisir entre trois modèles…Enfin bref, excusez cette digression temporelle, tout cela pour que vous puissiez m’imaginer la veille dans Cusco à devoir choisir entre tous ces souvenirs… Je m’étonne même d’être encore en vie, car j’aurai largement accepté et mérité le droit de me faire étriper sur place par une Cécile au flegme légendaire me concernant mais qui aurait pu très largement sortir de ses gonds, ne fut-ce-t-il que pour un court instant dans cette journée d’étude comparative…Nous voilà donc en ce samedi matin à retraverser d’un pas décidé les rues piétonnes et commerçantes de la ville à la recherche et l’achat ferme et définitif des produits recensés et choisis la veille.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêterons aux abords de la Plaza de armas pour pénétrer au sein d’une grande église où se déroule une cérémonie. Le bâtiment religieux fait salle comble ; je ne pensais pas les péruviens si croyants et l’on peut dire d’ailleurs à cet égard que les sud américains constituent la population catholique la plus fervente rencontrée durant ce tour du monde.
Nous irons de l’autre côté de la place pour tenter de rejoindre un marché artisanal devant se trouver non loin de là mais que nous ne trouverons jamais. Cela n’est pas très grave car cela était pour de la pure visite -nos achats ayant déjà été réalisés- et cette recherche nous aura permis en outre de visiter d’autres quartiers traditionnels de Cusco, avec cette multitude de petits magasins et restaurants ouverts à même sur les rues pavées de la vielle ville.
Une pluie fine commencera à tomber en cette fin de matinée mais cela ne nous empêchera pas de continuer notre ultime promenade dans cette belle cité tout en nous rapprochant peu à peu et pas à pas de nôtre hôtel.
Le dernier repas sera on ne peut plus typique avec des produits achetés directement à des marchands ambulants que l’on trouve en quantité dans le dédale des ruelles du centre de la cité. Le premier arrêt sera pour acheter quelques empanadas à la viande et des fruits. qui s’ensuivra auprès d’une veille dame portant de par et d’autre d’un long bâton en bois des grosses caisses d’où s’échappent des volutes de fumée. Il s’agit en fait de l’aliment du pauvre, des énormes épis de maïs cuits à la vapeur auxquels viennent se rajouter en complément du pain et du queso, sort de fromage typique à pâte blanche et sans goût. Je m’acquitterai bien volontiers de ce mets on ne peut plus traditionnel que nous irons manger bien au chaud dans le patio de notre hôtel en attendant l’arrivée de notre correspondante locale pour notre départ à l’aéroport. Celle ci arrivera à l’heure et nous la suivrons dans un taxi qu’elle hélera et qui nous amènera au petit aéroport national de Cusco. Les adieux à cette si belle ville et à cette charmante dame seront des plus chaleureux, preuve de l’attachement que nous leur portons et à ce bien beau séjour passé dans les environs magiques de l’ancien fief inca. Notre 20ème et antépénultième vol depuis le début de ce tour du monde se déroulera rapidement et sans encombres et nous atterrirons en fin d’après midi sur le tarmac de la capitale péruvienne, avec beaucoup moins d’appréhension qu’il y a deux semaines auparavant. Nous demeurons toutefois toujours sur nos gardes à l’environnement qui pourrait s’avérer hostile mais cela est désormais plus une habitude qu’une action volontaire présente constamment dans nos pensées. Le même conducteur de taxi nous attendra sur place et nous amènera à l’hôtel quitté il y une quinzaine de jours. Nous y retrouverons notre fidèle réceptionniste ainsi que le reste de nos affaires laissées sur place 15 jours plus tôt pour nous alléger au maximum durant le périple péruvien. Il y aura toutefois un souci avec les chambres et nous serons transférés à un hôtel proche qui ne semble pas être au courant de notre venue. Après plusieurs longues minutes d’attente et de discussion, nous réintégrerons finalement notre habitation initiale. Une fois nos bagages entreposées, nous nous dirigerons au pas de course vers le centre ville de Miraflores, quartier de Lima, afin de trouver un centre d’appel téléphonique. C’est en effet aujourd’hui l’anniversaire de la maman de Cécile et toute la famille s’est réunie autour d’une bonne table dans un restaurant de Salon de Provence. Cécile n’a pas envie de louper cette belle surprise et malgré le retard accumulé par le transfert des hôtels, toute la famille Cérède sera encore présente au restaurant et pourra répondre avec surprise et émotion à une Cécile ayant du mal à retenir ses larmes. Il commence à faire faim et nous mangerons tout près dans une cafétéria. Il y a mieux me direz vous pour un repas de fin de séjour comme nous avons l’habitude d’en faire au départ de chaque pays mais nous avons décidé de remettre ça au lendemain midi. Pourtant nous avions repéré une petite table tenue par des ecclésiastiques mais celle ci se trouvera trop loin de notre résidence et prendre les taxis de nuit n’est pas recommandé. Il serait en effet dommage que quelque chose de malheureux nous arrive à si courte distance de la fin… Du coup, nous passerons la soirée au sein de la grande place de Miraflorès où se trouve un marché artisanal avant de regagner tranquillement nos pénates par un sentier éclairé et populaire longeant le bord de l’océan.

Vendredi 28 Mars 2008 : Cusco la belle


Par Cécile
Réveil naturel ce matin, loin du retentissement strident de l’alarme : c’est une journée de vacances qui s’augure. Nous mettons pied à terre dans une longueur presque dominicale pour nous diriger vers la salle à manger. Celle ci se trouve au rez de chaussée de la bâtisse inondée de soleil par un puits de lumière. Notre chambre se trouve au premier étage où l’on accède en empruntant un majestueux et large escalier de pierre et de marches très basses. Celui-ci semble chaotique et bancal ; peut être est ce du à quelques mouvements sismiques.
A l’étage, un balcon intérieur entoure la patio et donne accès à chaque chambre. Les murs du bâtiment semblent d’une épaisseur incroyable. C’est une très belle demeure où il fait bon se délasser. C’est dans cet état de décontraction intense mais sous un ciel chargé que nous quittons l’hôtel pour arpenter les ruelles de la ville : Des routes pavées, des bâtisses avec cour intérieure où nombreux péruviens viennent étaler et vendre leur production artisanale (enfin j’espère que ces articles ne sont pas faits en Chine…)
Nous déambulons dans le centre de Cusco, arpentant les places, les églises, les rues étroites, et menant une étude de marché sur quelques produits susceptibles de plaire et d’être rapportés à nos familles respectives. Je vous passe les détails d’analyse qualité/prix/taille effectués rigoureusement par Hervé. Après quelques heures comparatives, j’insiste pour trouver un endroit typique pour nous sustenter. Nous fiant à notre guide touristique, nous nous attablons dans un tout petit restaurant d’une demi-douzaine de tables, à l’ambiance conviviale et familiale. Il y a même deux tables basses entourées de sofas, sur lesquels des jeunes se prélassent en papotant. Nous reprenons quelques forces, nous préparant à repartir au pas de course négocier chez chaque artisan l’article soigneusement sélectionné par mon amoureux.
Les échoppes se suivent et se ressemblent. Nous entrons dans une sorte de marché couvert où chaque commerçant dispose de 4 à 20 m2 pour disposer et présenter des centaines de babioles semblables les unes aux autres et aux couleurs chatoyantes qui amusent nos yeux. Nous sommes à la recherche d’un cadeau pour nos neveux et nièces en essayant d’éviter les souvenirs niaiseux. Pas évident et après tout, c’est le geste qui compte !
Sur le chemin du retour, des manifestations de danse animent la Plaza de Armas inondée par la foule et les vendeurs à la sauvette proposant glaces et épis de maïs. Nous nous plantons en bout des marches menant à la cathédrale pour découvrir le spectacle. Il s’agit en fait de multiples groupes de danse section loisir qui présentent leur chorégraphie. Sensations d’une kermesse de fin d’année scolaire en primaire mis à part que les acteurs sont des adultes. Les techniques marketing sont même arrivées jusqu’à ici puisque certaines troupes ouvrent leur bal avec une banderole de parrainage tenue et présentée par deux personnes. Hervé fait preuve de patience : 1/2h suffiront à venir à bout de lui. Il faut quand même avouer que le spectacle bien qu’amusant, surprenant, et avec des costumes typiques n’est pas d’une qualité exceptionnelle. Nous finirons notre journée par un repas dans un restaurant mexicain en face de notre hôtel dont nous avions fait la promesse au rabatteur nous interpellant à chaque fois de venir manger dans son antre avant notre départ. Chose promise, chose due et en plus on s’est régalé.

mardi 23 septembre 2008

Jeudi 27 Mars 2008 : A l’assaut du Machu Picchu… (et accrochez vous, c est long...)


Par Hervé

Le jour ne s’est pas encore levé sur le paisible hameau de Aguas Calientes lorsque l’alarme sonne. Et pour cause, la montre n’affiche que 5h30…Laissant quelques minutes de repos supplémentaires à Cécile, j’irai sur la terrasse de notre chambre pour observer le panorama en toute quiétude. J’y entendrai les remous de la grosse rivière Urubamba qui s’écoule à quelques mètres devant moi et regarderai pendant de longues minutes les imposantes montagnes recouvertes de brume qui dominent la petite bourgade. A côté d’elles, le village semble miniature. Quant à ma propre personne, je n’ose même pas en parler. Et pourtant c’est avec un petit air de défi et d’arrogance que je regarderai en direction d’une montagne en particulier. La montagne en elle même ne m’intéresse pas. Non, ce que je recherche et j’imagine est ce qui se cache derrière…
Le clou de notre voyage, l’un des plus célèbre joyau archéologique de toute l’Amérique du sud, si ce n’est de la planète, hissé au rang de l’une des 7 nouvelles merveilles du monde. J’ai nommé la cité inca perdue de Machu Picchu…

Machu Picchu. Je répéterai ce nom pendant de longues minutes comme pour mieux me rendre compte de la réalité qui s’empare de moi, de la chance que je vais avoir dans quelques heures de pénétrer sur ce site si majestueux...

En effet, j’ai des amis et des parents en France qui vont se lever comme d’habitude, pour aller travailler, après avoir avalé leur petit déjeuner à la va vite et amené leurs enfants à l’école et qui vont passer leur journée au boulot, en essayant de régler des problèmes, d’avancer dans leurs tâches. Et moi, je suis là, au fin fond du Pérou, seul en face de cette rivière sacrée, avec ma douce qui dort non loin. Et à quelques centaines de mètres, l’un des sites archéologiques des plus mystérieux et des plus fabuleux qui nous soit permis de visiter dans le monde entier qui nous tend les bras…

Quelle chance avons nous…! J’en suis bien conscient. Même si nous l’avons provoquée et si nous avons consenti à quelques efforts et concessions, nous sommes bien conscients, chaque jour qui passe, de cette chance qui nous est offerte et que nous essayons de prendre avec le plus de bonheur, de plaisir et de profit possible…Combien de personnes de notre entourage réaliseront ce que nous sommes en train de vivre, de voir,… ? Le pourcentage est faible, nous le savons c’est pourquoi nous avons pour vous tous, fidèles lecteurs et supporters, membres de la famille, copains du rugby ou du travail, connaissances, une énorme pensée à chaque fois que nous allons accomplir quelque chose de grand… Et que nous essayons de le retranscrire au mieux à travers ces lignes parce que nous tenons à ce que vous fassiez partie de l’aventure, dans son intégralité et ses moindres détails, comme si on avait pu réaliser l’impossible rêve de vous avoir tous et toutes à nos côtés, pour profiter ensemble des instants magiques de ce voyage…

Après avoir préparé avec soin nos paquetages pour cette mémorable journée, nous descendrons les marches des escaliers pour rejoindre le rez de chaussée de l’hôtel et y engloutir un gargantuesque petit déjeuner servi sous forme de buffet. Nous en profiterons au passage pour préparer avec discrétion des petits sandwichs et s’emparer d’autres aliments que nous dissimulerons dans nos sacs à dos et qui nous serons bien utiles pour la journée…
Plutôt que de prendre le bus- moyen le plus rapide et le plus facile pour rejoindre le site situé quelques 400 mètres plus haut- nous choisirons la marche à pied et la montée des nombreuses marches en pierre descendues la veille…Ils sont fous me direz-vous ? Non, et bien que Cécile n’était pas favorable de prime abord à cette idée je pense, je tenais pour ma part à aborder ce site avec un minimum d’effort d’effectué, comme pour mieux mériter et savourer cette belle récompense. De plus, nous avons toujours opté dans nos excursions pour la version sport, aventure et proximité de la nature, quitte à dépenser des litres de sueurs supplémentaires et perdre quelques heures de sommeil, que les moyens tous simples directement mis à disposition des touristes.
Ainsi, malgré quelques bougonnements justifiés la veille de la part de Cécile à l’idée de la difficile épreuve qui nous attend et devant les nombreux bus qui commencent à mettre leur moteurs en marche, nous prenons malgré tout cette option pédestre pour rejoindre le site.
Le soleil ne se sera pas encore levé lorsque nous traverserons le pont enjambant le torrent, et c’est au travers des brumes épaisses enserrant le pied des montagnes andines que nous commencerons l’ascension de ce petit chemin permettant de rejoindre 400 mètres plus haut la citadelle inca, ce dernier se frayant un passage dans la jungle péruvienne via des centaines de marches pavées rendues humides et glissantes par la rosée. Pour nous éviter de nous focaliser sur la montée, nous déciderons de compter ces dernières, Cécile comptant les unités jusqu’à 10 et moi les dizaines…
L’ascension se réalisera finalement assez facilement. Nous commençons à être bien entraînés depuis quelques mois à ce genre d’effort et la chaleur n’est pas au rendez-vous, bien au contraire, car le fond de l’air est assez frais et humide. Et puis, le spectacle est de qualité…La forêt dans laquelle nous avançons est de toute beauté. Une variété d’arbres et de grosses plantes, toutes d’un vert profond et d’une densité étonnante, nous fait face. Des bruits de petits animaux ou d’oiseaux vivant dans cette immensité parviennent constamment à nos oreilles Par ailleurs, nous faisons souvent des haltes pour mieux apprécier la splendeur, le gigantisme et le caractère abrupt des andes péruviennes auxquelles nous tournons le dos.
Ainsi, après 1736 marches de gravies (!) et moins d’une petite heure d’ascension fort agréable, nous arrivons tout transpirant, à la manière de 2 aventuriers à l’entrée du site de Machu Picchu. Enfin…Bientôt ce moment tant attendu…Quelle impatience ! Après avoir montré patte blanche et surtout notre Boleto Turistico à la billetterie, nous pénétrons, tels des Indiana Jones dans les entrailles de l’ancienne cité …

Il n’y a quasiment personne sur les lieux lors de notre arrivée, hormis quelques téméraires comme nous dispersés sur le site. Les brumes sont toujours omniprésentes et se sont accompagnées d’une petite pluie fine. C’est donc dans un relatif climat de mystère conféré par ces conditions atmosphériques particulières et cet isolement certain que Machu Picchu s’offrira à nous…Qu’aurions nous pu demander de mieux finalement ? C’est parfait comme cela…Et c’est durant de longues minutes, postés sur un rocher nous donnant accès à la globalité du site, que nous resterons bouches bées, insensibles à la pluie fine s’abattant sur nos imperméables, à observer la citadelle. On y est… Nous seuls et le Machu Picchu…Ce dernier se présentant peut être sous un de ses plus beaux aspects. Avec ces brumes fumantes venant de nulle part et laissant apparaître de temps à autre les ruines ou les terrasses, cette pluie fine et uniforme conférant un aspect de fin du monde. Et surtout le fait qu’il n’y aie quasiment personne sur le site, nous laissons seuls face au monstre pendant de longues et belles minutes….
Nous nous imaginons un court instant à être les premiers à découvrir ce site…comme cet explorateur 100 ans plus tôt… C’est en effet un aventurier américain qui au cours de l’été 1911, découvrit la citée perdue. Il était pourtant initialement à la recherche de la cité inca de Vilcabamba qui devait être le dernier poste de retraite inca pour fuir la conquête espagnole et censée être encore plus profondément enfouie dans la jungle péruvienne. L’histoire raconte qu’il donna un sole à un enfant de la région pour que ce dernier l’emmène au pied des vestiges…
Après ces longues minutes d’observation et de contemplation, nous nous décidons enfin à pénétrer au cœur de la citadelle, sans cependant sortir le guide permettant de nous renseigner sur les bâtiments visités, car le but pour le moment est seulement de ressentir les premieres impressions et de nous imprégner totalement de l’atmosphère se dégageant des lieux et de nous imaginer à la place des habitants il y a plusieurs siècles.
Le site en lui même est exceptionnel. D’un extraordinaire état de conservation d’une part – on dirait presque qu’il a été bâti de toutes pièces il y a peu – et faisant montre d’une richesse dans la palette de ses éléments d’autre part, avec tous ces temples, terrasses et autres habitations qui composent l’habituel triumvat urbain – agricole – religieux d’une cité inca.
Mais au delà de la richesse et de l’état de conservation du complexe, c’est surtout la localisation de la citadelle qui nous stupéfait le plus. Ici, à plus de 2800 mètres d’altitude, posée sur un sommet, protégée par les flancs des vertigineuses montagnes andines et à plus de 3 jours de marche à pied de Cusco au travers de la dense jungle péruvienne !
In-cro-ya-ble. Les incas étaient complètement fous…
On peut plus facilement comprendre alors pourquoi un des derniers rois incas, Pachacutec, s’était réfugié ici pour fuir la conquête espagnole et pourquoi ces derniers ne trouvèrent jamais le refuge…On comprend aisément pourquoi aussi cette tanière est restée longtemps ensevelie sans qu’on ne se rende compte de sa présence. D’ailleurs, on parle toujours et encore aujourd’hui d’un autre temple inca, regorgeant de mille merveilles, enfoui encore plus profondément au sein de la forêt…

Cela fait déjà une petite heure que nous sommes sur les lieux et plutôt que de démarrer réellement la visite, nous choisissons d’effectuer l’ascension pour parvenir au sommet du Wayna Picchu. Il s’agit en fait du pic rocheux dominant le site que l’on peut voir sur toutes les photos derrière la citadelle et qui est conseillé pour son magnifique point de vue sur cette dernière. L’ascension étant limitée à un certain nombre de personnes par jour et fermant ses portes en début d’après midi, nous préférons la réaliser tout de suite et profiter ensuite du reste de la journée pour effectuer la visite proprement dite.
Un petit poste de contrôle est présent à l’entrée devant lequel, après passage de tourniquets, il nous est demandé de remplir sur le registre nom, prénom, no de passeport, signature et heure d’arrivée ainsi qu’une vérification de nos passeports. Pourquoi tant de précautions pour une simple marche ? Nous allons le savoir un peu plus tard…La pluie s’est arrêtée lorsque nous démarrons l’ascension avec au préalable, une petite pause déjeuner devant ces magnifiques montagnes pour entreprendre la montée avec un maximum de forces. Le sentier que nous arpentons est constitué d’une multitude d’étroites et hautes marches taillées dans la pierre ainsi que de gros cailloux posés à l’horizontale. Cet escalier précaire est rendu en outre glissant par la pluie qui s’est abattue durant ces dernières heures. Nous remarquons de plus avec stupéfaction que le vide est souvent très proche et qu’il n’y a aucune barrière de protection, même sommaire. Par ailleurs, de grosses chaînes présentes le plus souvent possible permettent de s’accrocher de l’autre côté à la paroi de la montagne... Le regard que me jettera Cécile à la vue de cette disposition se fera anxieux mais je tenterai de la rassurer sans pour autant l’être réellement. L’ascension se poursuivra ainsi durant plus de ¾ d’heures d’effort en zigzagant sur cet escalier de pierre qui vient lézarder le flanc du pic rocheux. La tension est montée d’un cran durant cette dernière heure car Cécile s’angoisse à la vue des nombreux précipices que nous avons longés et qu’il faudra recroiser en descente si le chemin du retour s’avère être le même. L’arrivée au sommet du Wayna Picchu ne viendra en rien conforter nos impressions ou proposer un moment de calme et de sérénité. Les passages se font plus raides – une seule personne à la fois pour circuler- et plus difficiles - il faut passer par des petits boyaux et escalader des grosses pierres. Le gros problème est que les a pics se font plus abondants pour ne pas dire omniprésents et que l’altitude prise n’arrange en rien la sensation de vertige et d’angoisse qui est en train de gagner Cécile. Impossible pour nous de se mettre quelque part sans avoir un précipice en face de nous et ce à quelques mètres. Impossible aussi pour ma part de trouver un m2 de surface un peu à l’écart et protégé du vide pour calmer Cécile qui commence a être gagnée par une réelle et sérieuse crise d’angoisse, preuve en est la couleur de plus en plus livide de son visage… Nous voilà donc pris dans le piège du Wayna Picchu… A plus de 3000 mètres d’altitude dans les andes péruviennes, au sommet d’un pic rocheux entouré de précipices non protégés et avec une Cécile tétanisée par la peur, prise de vertiges et d’angoisse et qui ne veut pas bouger d’un pouce. Je pensais que le malaise de la Nouvelle Calédonie ne serait que le plus gros incident, passé, du voyage mais non, voilà, à quelques jours de la fin, la peur panique du Wayna Picchu… « Hervé, mon Coco, il va falloir que tu sois bon » me dis-je, tout en cherchant rapidement des solutions. En effet, au fur et à mesure que les secondes passent, Cécile est de plus en plus tétanisée et je sais qu’un malaise de sa part dans ces conditions n’augurerait rien de bon. Il n’y a bien sûr aucun garde, aucun refuge et encore moins une infirmerie. Pour les secours, on peut donc oublier et quant à l’hélicoptère en cas de sérieux problèmes, impossible aussi d’y penser compte tenu des infrastructures présentes. Il va donc falloir ne compter que sur nous même en sachant que Cécile, dans l’état actuel des choses, est incapable de réagir ou de prendre une décision. Je n’ai donc pas beaucoup d’alternative et il me faut trouver une solution rapidement. Très rapidement même. La seule qui nous sera permise sera celle de la redescente immédiate, en espérant que Cécile veuille bien surmonter sa peur en affrontant à nouveau et pendant de longues minutes le vide. Je lui parlerai donc posément en la rassurant et en lui expliquant ce que nous allons faire et comment nous allons procéder. Nous essayerons plusieurs positions de descente – comme sur une échelle, accrochée à mon dos,…- mais Cécile refuse de voir le vide sous peine de ne pas bouger. La position que nous prendrons sera alors moi en position de descente, dos face à la pente, tenant Cécile fermement des deux mains, cette dernière descendant les escaliers un à un sur les fesses, tenant mes mains et ne regardant que moi, pas autre chose. Nous faisons des premiers essais qui s’avèreront concluants. La descente peut donc être amorcée. Un autre sentier tout aussi sinueux et dangereux, sous forme d’escalier, est à emprunter pour rejoindre le même chemin pris pour la montée. Ce dernier longe une ancienne citadelle sur la gauche mais surtout un précipice béant sur notre droite. C’est vraiment n’importe quoi. Nous sommes à moins d’un mètre du vide. Un pas de travers, une glissade et c’est la chute mortelle. Comment se fait il qu’ils n’avertissent pas les gens en bas du caractère très risqué, voire mortel de cette ascension ? Pas plus que nos guides ? Il y a du avoir des morts, des gens bloqués en haut, ce n’est pas possible autrement…Et pour les enfants ou les personnes âgées, je n’ose même pas imaginer…Enfin, pas trop le temps de penser à cela mais surtout pour l’instant à se sortir de ce mauvais pas. Je n’arrêterai pas de parler à ma douce pendant des interminables minutes afin qu’elle aie l’esprit occupée à autre chose. Je lui parlerai de tous les bons moments que nous avons vécus depuis notre rencontre et de ceux qu’il nous reste à vivre, des projets à accomplir, des personnes chères restées en France. Tout cela pendant que pas à pas, marche après marche, minute après minute, nous descendons les pentes suicidaires de ce satané Wayna Picchu…Nous croiserons bien sûr beaucoup de personnes qui nous regarderons d’un air souvent intrigué, parfois moqueur, mais nous n’avons cure de ce que les gens pensent, l’important est de redescendre et peu importe aussi du temps que ça prendra…Au fur et à mesure, le sentier se fait plus sécuritaire, les chaînes offrent un secours des plus précieux et Cécile reprend peu à peu des couleurs et confiance en elle. C’est finalement après plus de deux heures d’une interminable descente que nous arriverons au poste d’entrée. Sains et saufs. Ensemble. Ouf…Plus jamais ça…Après avoir signé le registre avertissant de notre retour – on comprend désormais pourquoi tant de formalités – nous nous poserons pendant de longues minutes sur un morceau d’herbe du site, afin de reprendre nos esprits et nos forces.
Cécile me remerciera de mon aide précieuse et de mon assistance et se verra désolée de cette crise d’angoisse. Mais comment pourrai je lui en vouloir ? Ce petit bout de femme fait preuve de tellement de courage, de force et de résistance depuis le début de ce difficile voyage que je ne peux lui reprocher ces rares instants, qui plus est justifiés, où elle perd un peu les pédales. Quant à moi, je n’ai fait que ce que j’avais à faire, dans la mesure de mes possibilités, m’étonnant même au passage de ne pas avoir été pris à mon tour et en même temps de cette crise de panique du au vertige… Et tant mieux en même temps sinon on serait encore là haut à l’heure qu’il est…
Ce petit moment de répit et de repos passé, nous enchaînerons avec la visite guidée que nous avions pu reporter la veille et qui nous mènera pendant plus de deux heures dans les moindres recoins de la citadelle. Le site est désormais bien différent de l’état dans lequel nous l’avions laissé quelques heures auparavant. Les brumes fumantes et la pluie ont disparu pour laisser place à un beau soleil qui vient inonder les terrasses et multiples constructions en pierre sèche. Par ailleurs, la fréquentation n’est plus la même non plus. Machu Picchu est désormais grouillants de touristes (on dénombre jusqu’à 2500 visiteurs/jour…) qui ne sont pas les marcheurs audacieux revenant du chemin de l’inca tôt dans la journée mais plutôt des personnes qui font l’aller-retour depuis Cusco en une seule journée via le train. En ce sens, le temps leur est compté. Ils prennent le maximum de photos possible et restent pendus aux lèvres de leur guide dans le but de ne pas perdre une miette de l’excursion proposée. Heureusement que le site est grand et étalé ce qui permet malgré tout l’afflux d’avoir une relative liberté dans les déplacements et dans l’écoute des paroles du guide. Ces derniers utilisent d’ailleurs la technique du parapluie de couleur, procédé déjà vu aux chutes d’Iguacu, afin d’être repérés et suivis par la kyrielle des groupes de touristes. Pour notre part, nous suivrons attentivement l’ensemble de la visite guidée en écoutant et essayant de comprendre du mieux possible le discours qui est bien évidemment en anglais.
Nous apprendrons que Machu Picchu aurait été construite aux alentours du 15ème siècle, soit une centaine d’année avant le déclin de l’empire inca et la conquête du territoire par les troupes espagnoles de Pizzaro. La citadelle comptait à l’époque plus de 200 maisons, regroupait 1000 habitants, et respectait la structure d’une ville inca avec l’aire réservée à l’agriculture, les résidences et la religion. C’est ainsi que l’on peut apercevoir bon nombre de rues, d’escaliers, terrasses et autres temples voués à l’étude des astres. Il ne manquerait sur le site que la présence de silos pour stocker la nourriture. Les péruviens aimaient bien aussi donner à leurs villes des comparaisons avec des animaux. Ainsi, les montagnes dominant Machu Picchu auraient la forme d’un condor et d’un jaguar tout comme la cité qui du haut du Wayna Picchu, prendrai aussi la forme d’un condor aux ailes déployées. C’est vrai que vu comme ça, ça peut donner du sens mais il faut quand même aller se le chercher parce que ça ne saute pas aux yeux de prime abord…

Malgré l’ensemble des explications données, nous restons bouche bée par l’emplacement en lui même de Machu Picchu. Il faut savoir qu’aucune route n’était construite à l’époque pour rejoindre Cusco et qu’il fallait plus de 3 jours de marche…Comment ce peuple inca a-t-il fait pour vivre en autarcie la plus totale ? Quelle communication avec l’extérieur pouvait il se permettre?
Nous sortons fourbus de la visite – encore de la marche !- mais très contents d’avoir pu découvrir ce site fabuleux que l’on aura arpenté dans les moindres détails. Il est en effet bientôt 15h et cela fait déjà plus de sept heures que nous sommes sur le site… Alors que la foule se sera évaporée comme par magie, nous ferons durer le plaisir en allant nous prélasser au soleil, sur l’une des multiples terrasses ou paissent librement des camélidés que l’on peut approcher et caresser sans risque. C’est un instant assez particulier que nous sommes en train de vivre et où je ressens personnellement que le voyage touche réellement à sa fin. Machu Picchu en constituait la dernière étape et nous venons de vivre celle-ci. Il ne reste plus que quelques jours à passer au Pérou, sans grande visite au programme et dans moins d’une semaine, nous serons à Montréal où nous poserons nos valises quelques mois durant. Un sentiment mêlé de chagrin, de joie et de mélancolie me prend aux tripes. Je sens bien que j’arrive aux dernières pages d’un livre fabuleux que je n’ai pas envie de refermer…triste réalité me direz vous ? Non, je n’ai pas à me plaindre mais au contraire à savourer encore et encore de ces immenses moments qui resteront gravés à jamais dans ma vie. Je ne sais pas ce qui m’arrivera dans l’avenir mais je sais que ce tour du monde restera une expérience forte ancrée dans mon histoire personnelle et que cela, personne ne pourra me l’enlever…Alors, je reste là, pendant de longues minutes, sur cette terrasse du Machu Picchu, à scruter les montagnes le regard un peu dans le vide, tourné vers ces 3 mois intenses qui viennent d’être vécus. Plein d’images se bousculent dans ma tête sans que j’arrive à en retenir une en particulier. Et c’est peut être ça le plus beau. Il est encore trop tôt pour faire un réel bilan mais l’heure difficile des adieux de ce voyage a sonné. Je quitterai le site, Cécile tout près de moi et qui a compris mon désarroi et ma tristesse me tenant fort la main, non sans faire un dernier adieu à la citadelle, comme on regarde une personne une dernière fois en sachant qu’on ne la reverra jamais.
Le bus nous ramènera à Aguas Calientes via cette route sinueuse bordant le précipice où nous récupérerons nos bagages à l’accueil de l’hôtel. Nous achèterons de quoi nous restaurer dans les multiples échoppes de la ville qui a la particularité d’être traversée par une voie ferrée sur laquelle chemine ce fameux train jaune et bleu, ce dernier ayant son terminus dans la courbe de la vallée non loin de là. Nous reprendrons la petite route traversant l’Urubamba et l’immense marché artisanal couvert pour rejoindre la petite gare. Un dernier adieu adressé à Aguas Calientes et au monstre d’archéologie et d’histoire se cachant derrière ses hautes montagnes, nous monterons dans le petit train pris à l’aller qui nous amènera en gare d’Ollataytambo. Le voyage du retour sera pénible car un groupe de jeunes randonneurs de je ne sais quelle origine ne cesseront de rire et de parler très fort sans respecter le calme des autres passagers dont nous faisons partie. Nous sommes exténués avec Cécile et l’heure est plutôt au repos, aux souvenirs et à la mélancolie qu’autre chose. Tous les passagers débarqueront en gare d’Ollataytambo et s’empresseront de monter dans les différents bus des tour opérateurs prévus à cet effet. Sauf nous bien sûr qui chercherons désespérément notre mini bus mais aucune pancarte avec notre nom où celui de notre compagnie pour nous aider dans notre quête. Ce n’est pas possible, quelle journée ! En même temps, nous relativisons beaucoup, comparativement au Wayna Picchu, et prenons même ce petit incident à la rigolade. Nous chercherons malgré tout une solution rapide car les bus commencent à se remplir et partir pour Cusco. On ne va pas quand même pas rester ici toute la nuit, il nous tarde de rejoindre notre lit douillet…Je commencerai à négocier une paire de places dans l’un des tous derniers bus lorsque quelqu’un, casquette vissé sur la tête et proche d’une petite voiture sans prétention, viendra nous voir en nous disant « Vertran Gerber ? » avec une pancarte mentionnant ce même nom. Je commencerai à répondre par la négative en disant que ce n’est pas nous et que finalement nous ne sommes pas les seuls à chercher la bonne personne… bien qu’il ne reste plus que nous sur l’immense parking hormis quelques bus sur le départ ! Et puis, pris d’un doute, je me tente à demander de quelle compagnie est la personne avant que ce dernier me réponde Alfa Turismo qui est la nôtre. Très contents de cette réponse, nous expliquons notre cas en disant qu’il doit y avoir erreur sur la personne - peut être ce Vertran Gerber est il resté à Machu Picchu ou a pris d’autres moyens de locomotion ?- mais que nous désirons profiter de cette absence pour monter avec lui et regagner Cusco. Ce dernier passera un coup de téléphone à Cusco pour avoir confirmation de notre identité et une fois ce dernier raccroché, me désignera tout en tapant du doigt sur sa pancarte d’un air quelque peu agacé. Ca y est, je viens de comprendre. Je suis ce Vertran Gerber ! Et la personne qu’il vient chercher et qui manque à l’appel c’est tout simplement nous…Incroyable. Parce que des déformations de nom, j’en ai eu, et des plutôt belles mais alors là c’est la médaille d’or et de loin ! Passer de Beltrand Hervé à Vertran Gerber, moi je m’incline et je dis chapeau bas…J’en connais d’ailleurs une qui va m’appeler Gerber pendant quelques temps…Rigolant de cette anecdote et essayant de l’expliquer au chauffeur, nous nous engouffrons tout heureux dans la voiture qui prend la direction de Cusco. Une minute trente est le temps que mettra Cécile pour s’endormir à l’arrière de la voiture alors que, situé à l’avant sur le siège passager, j’essaierai de discuter avec le chauffeur dans ma quête infinie d’en savoir plus sur les autochtones et la vraie vie du peuple péruvien. La route est sinueuse, bosselée et il fait nuit noire. Je suis persuadé qu’il va nous arriver un truc – un pneu crevé, un lama sur la route, un éboulement, des bandits, un couteau sorti de sa poche- mais finalement nous arrivons sains et sauf sur les hauteurs de Cusco qui comme Machu Picchu, prendrai la forme d’un tigre vu de là. Mais là, je vous avoue que l’on a autre chose à faire que de faire travailler notre imagination. Il est tard et nous sommes extenués par notre journée dont j’ai du mal à retracer le cours des aventures. Le départ pour le sentier pédestre menant à Machu Picchu me semble si loin…Et pourtant…

Inutile de vous dire que l’on a pas réveillonné à l’hôtel… Il n’aurait d’ailleurs pas été impossible que je me couche tout habillé sac à dos sur les épaules, ou que Cécile s’endorme la tête dans le lavabo, la brosse à dents dans la bouche…Mais non, assez de forces pour nous engouffrer dans le lit, nos corps fatigués prêts au repos mais nos esprits toujours en effervescence, accrochés aux cimes brumeuses de cette si majestueuse cité inca…

dimanche 21 septembre 2008

Mercredi 26 Mars 2008 : Agua Calientes, point de départ du mythe…

Par Cécile
Une excitation particulière nous habite ce matin. Nous nous en sommes fait toute une montagne et l’avenir nous donnera raison quand à sa taille…
Nous prenons donc le train tôt ce matin – moyen de transport que nous n’avons pas encore entrepris lors de ce tour du monde – pour Agua Calientes, une des portes d’entrée du si renommé Macchu Pichu.
Notre accompagnatrice nous récupère à l’hôtel et nous accompagne en taxi à la gare dont l’extérieur ne laisse en rien présager son activité : une façade d’immeuble, semblable à ses voisines dans laquelle on pénètre après avoir gravi quelques marches, cache l’antre ferroviaire de l’ancienne cité. Une activité grouillante anime le hall où règne une ambiance survoltée avec un goût épicé d’aventure.
Les groupes de touristes se pressent autour de leur guide respective et une attention particulière s’empare des voyageurs.
Le départ est annoncé, provoquant un mouvement de foule vers le préposé au contrôle des billets à l’entrée du quai.
Notre mentor nous projette littéralement dans la file d’attente après nous avoir remis les billets de bus, d’entrée au site, les vouchers pour l’hébergement et expliqué du mieux possible en espagnol le déroulement de notre expédition de 48 heures. Nous devons donc à notre arrivée prendre un bus qui nous conduira a seuil de la cité Inca où un guide anglophone nous attendra. Elle nous précise au moment de passer au delà du barrage de vérification des tickets que le lendemain le train ne se rendra pas jusqu’à Cusco mais à mi chemin où un bus nous attendra pour nous permettre d’effectuer les 2 heures de route restantes.
Nous n’avons pas le temps de discuter avec elle mais sommes un peu surpris et déçus de se rendre au Machu Picchu « à la va vite », en suivant les quelques centaines de voyageurs du trains et sans pouvoir y retourner le lendemain puisque le billet touristico n’autorise qu’une seule entrée. C’est sur ce sentiment de désappointement mais pas de résignation que nous nous nous retrouvons face à seulement 3 lignes de chemin de fer et le train dont l’aspect nous donne l’impression d’être entrer dans un film d’Indiana Jones. J’aurais bien aimé que mon grand père maternel soit présent pour partager ensemble cette ambiance magique où trônent les wagons verts émeraude et rouges carmin avec à leur tête la locomotive qui crache de la vapeur. Les bielles unissent les roues de la « machine » et le fameux « tchou tchou » retenti, véritable invitation au dépaysement et au voyage. Nous sommes sous le charme. A l’intérieur, des banquettes rouges se donnent face et nous nous installons à nos places désignées, proche de l’espace « bar » du wagon où deux préposés s’affairent.
C’est ainsi installés, la tête en pleine effervescence imaginative et aventurière que le train démarre, prenant un peu d’altitude sur le flanc de colline, nous laissant apercevoir petit à petit la cité dans son ensemble. Dix minutes à admirer le paysage et la train s’arrête ! Serait il omnibus ? Sommes nous victime d’une panne ? Nous n’avons pas le temps de nous poser trop de questions, le train repart mais…dans l’autre sens !
Re-belote cinq minutes plus tard. Nous sommes en fait en train de gravir la côte par des mouvements de zig zag et d’allers retours. Les fenêtres semi-ouvertes, nos yeux écarquillés admirent le paysage péruvien et nous nous enfonçons lentement dans la verte et étroite vallée, longeant la rivière sacrée dominée par des falaises majestueuses. Un ou deux arrêts permettent aux marcheurs souhaitant s’élancer sur la route de l’Inca de débarquer. Nous aurions aimé faire ce treck de trois jours mais le temps nous est compté.
Arrivés au terminus d’Aguas Calientes, nous sortons de la gare et traversons un immense marché artisanal couvert pour rejoindre directement le bus qui nous accompagnera en haut de la montagne, à l’entrée du site pour retrouver le guide. La façon dont se déroule l’incessant ballet des cars qui se croisent sur la route étroite me donne des frissons. Hervé me propose un plan de négociation pour notre séjour, notre volonté initiale étant de découvrir le Macchu Pichu aux premières lueurs du jour, à l’écart de la foule diurne et après avoir gravi le chemin qui y mène par nos propres moyens (c’est à dire à pieds), Hervé ne concevant qu’une telle découverte ne pouvait être que la récompense d’un effort de nos jambes et évalué au nombre de gouttes de sueurs versées.
Nous demandons donc au guide anglophone si nous pouvons reporter la visite au lendemain même heure soit en début d’après midi. Cela ne lui pose aucun problème. Candide n’aurait pas fait mieux : Tout est pour le mieux dans le meilleur du monde et comme toute récompense mérite sa peine, nous retournons à Agua Calientes à pied, histoire d’évaluer ce qui nous attend le lendemain aux aurores…
Nous nous enfonçons donc dans ne végétation luxuriante en dévalant les centaines de marches nous séparant de la vallée et de l’hôtel dans lequel nous logerons. C’est un bâtiment de 5 étages situé à la sortie du hameau et donnant sur la virulente rivière dont l’effervescence émet un son continu prodigieux. La chambre est spacieuse, très confortable et donne sur le cours d’eau. Après une courte incursion en ville, histoire de partager un petit déjeuner (à l’heure du goûter !) et un petite bagarre digestive dans la chambre, dont j’ai oublié la cause et au final de laquelle, lapalissade…, je suis sortie victorieuse. Ereintés, nous nous sommes lâchement affalés sur le lit regardant Gladiator à la télévision, Hervé après sa cuisante défaite avait besoin de s’initier à quelques méthodes de self défense !Nous pointerons le bout de notre nez dehors en fin de journée afin d’aller déguster un menu touristico sur une terrasse d’un étage supérieur d’un restaurant donnant sur une rue étriquée piétonne du village. C’est avec beaucoup d’imagination que nous tomberons dans les bras de Morphée, une bonne nuit de sommeil sera bien nécessaire à nos aventures du lendemain…

vendredi 5 septembre 2008

Mardi 25 Mars 2008 : La vallée sacrée...


Par Hervé
C’est depuis notre charmante chambre d’hôtel en plein centre ville de Cusco que nous nous réveillerons pour aller nous enquérir d’un copieux petit déjeuner dans le patio de ce dernier. Guillermo ne se sera vraiment pas fichu de nous dans le choix des hôtels, celui-ci faisant partie sans nul doute des plus agréables. Premièrement c’est un hôtel comme on les aime avec Cécile, c’est à dire fait de grands murs et d’escaliers en grosse pierre apparente avec des belles plantes vertes et des peintures chaudes. Ce que nous apprécions aussi et qui rajoute un charme fou à l’endroit est l’immense patio central, point névralgique de la bâtisse, doté d’un puits de lumière tout aussi gigantesque. C’est ici que se trouvent les petites tables d’où nous est servi le petit déjeuner, assorti d’un petit bar dans l’angle et surtout de gros canapés en cuir blancs ou noirs où l’on peut s’asseoir moelleusement pour profiter de la quiétude des lieux. Une fontaine en pierre anciennement utilisée située en plein centre de la pièce vient rajouter un cachet supplémentaire qui peut être apprécié par l’ensemble des hôtes, les chambres donnant toutes, qu’elles soient situées à l’étage ou au rez-de-chaussée sur cette dernière.
Deuxièmement, l’hôtel est on ne peut mieux situé. A quelques enjambées seulement de la place principale de Cusco et s’offrant directement au dédale des petites rues pavées de l’ancienne citadelle inca où l’on peut trouver multitude de petites échoppes d’artisanat, restaurants et boutiques typiques.
C’est donc naturellement vers ces deux lieux de vie que nous nous sommes dirigés lors de notre arrivée la veille en début de soirée.
La Plaza de Armas, tout d’abord, qui se trouve être un immense carré de pelouse bordé de deux voies de circulation où les voitures ne cessent de passer mais – spécificité des lieux – avec l’interdiction de klaxonner. Il vous faut savoir en effet que les péruviens sont les plus grands utilisateurs du klaxon au monde. Ils ne conduisent qu’avec ça, ce qui leur du coup leur évite l’emploi des clignotants ou le respect des stops et autres priorités…
La Plaza de Armas se transforme ainsi en une place calme et de surcroît très jolie, car entourée de grandes églises et autres bâtiments de plusieurs étages s’appuyant sur de belles arcades et ouverts sur cette dernière via des terrasses et balcons contenant pour la plupart des restaurants pour touristes.
L’autre endroit visité sera quelques ruelles étroites de la ville situées aux abords de la grand place. C’est aussi un lieu touristique mais qui semble garder son charme authentique. Il y a beaucoup de passage, des vieilles dames qui vendent à même le trottoir des gros épis de maïs cuits à la vapeur – spécialité culinaire populaire de la région - ainsi que de nombreux péruviens qui viennent vous haranguer pour que vous pénétriez dans leurs commerces ou restaurants. Nous ne ferons d’ailleurs pas exception à la règle en acceptant l’offre d’un de ces derniers et en pénétrant ainsi dans un charmant petit restaurant où un « menu turistico » nous sera proposé. C’est une spécificité de la région que nous apprécierons beaucoup car c’est un menu complet composé d’une soupe ou salade, d’un plat, d’un dessert et d’une boisson et ce pour seulement, après négociation, 10 soles soit l’équivalent de 2 euros… Autant vous dire que ça va être resto tous les jours…! De plus, les mets sont très bons et typiques du pays ce qui nous permettra de goûter à de l’alpaga ou à un de ces exquis cocktails à la mangue…
Mais bref, revenons à nos moutons (ou nos lamas pour être plus en phase avec la culture du pays) avec cette belle journée qui s’annonce et au menu, l’incursion pour toute la journée au sein de la Vallée Sacrée située à quelques dizaines de kilomètres de Cusco.
C’est une dame d’un certain âge, très gentille et très douce – elle nous fait penser en ce sens à nos grands mères - qui s’occupera de nous pour l’ensemble de notre séjour sur la région, qui viendra nous récupérer à l’hôtel. Déjà présente à notre arrivée la veille au terminal de bus pour nous faire engouffrer dans un taxi menant à l’hôtel, elle sera à l’heure fixée pour nous amener à nouveau via un autre taxi au bus qui débutera son parcours pour la vallée sacrée.
La vallée sacrée… Quel joli nom. Il s’agit en fait d’une vallée qui surplombe Cusco et qui contient de nombreux sites incas, symbole de l’expansion de cet empire. Ces derniers sont perchés entre 2500 et 3200 m (Cusco est située à 2800 m) au sein de magnifiques montagnes verdoyantes qui sont ciselées sur leurs flancs par les nombreuses terrasses. Au fond de cette belle vallée coule - nom tout aussi joli - l’Urubamba qui désigne la rivière elle aussi qualifiée de sacrée par les incas. Selon eux en effet, cette rivière était le reflet de la voie lactée (les incas croyant beaucoup dans les astres comme les soleil et les étoiles) et l’eau était indispensable pour l’agriculture et les cérémonies religieuses car servant à la fabrication de la chicha, bière de l’époque célébrant ces dernières. Les 3 principaux sites incas que nous visiterons seront ceux de Pisac, Ollataytambo et Chinchero. Ces derniers sont tous façonnés sur la même structure avec quelques spécificités pour certains d’entre eux. La répartition était la suivante avec tout d’abord les omniprésentes terrasses indispensables pour l’agriculture suivi d’un centre religieux et d’un lieu de vie sans oublier un centre astronomique pour l'étude des astres. Les sites étaient toujours construits sur une certaine hauteur. D’abord parce que la rivière en cas de crue dévasterait tout sur son passage, ensuite parce que l'élévation était un moyen de contrôle du travail et aussi parce que l’élevage des camélidés comme l’alpaga ou le lama ne pouvait s’effectuer qu’à une certaine altitude. Certains sites aussi étaient réservés à une certaine caste et le contrôle s’effectuait par des immenses portes d’entrée comme vu en arrivant sur Cusco ou encore Pisac. Les incas étaient passés maîtres dans la gestion des éléments comme l’eau et la terre. Champions des terrasses et des canalisations, ils avaient tous aussi une double fonction de travailleur - guerrier ce qui expliquerait l’expansion si rapide de l’empire. Un premier temps pour conquérir les terres, un second temps pour les rendre fertiles et productives, tout cela avec les mêmes personnes… Les constructions quant à elles, étaient de forme trapézoïdale avec les murs penchant à l’intérieur, la région étant à fort risque sismique. Voilà dans les grandes lignes la structure des sites incas, chaque site présentant ainsi ses propres particularités.
Pisac, premier lieu visité en fin de matinée, est réellement perché sur 3 flancs abrupts d’une montagne et propose un vue exceptionnelle sur l’ensemble de la vallée. On y accède par l’ancienne porte d’entrée du site par l’intermédiaire de petites marches creusées au flanc de la montagne le long d’un petit sentier qui donne dans le vide… Le site est bien conservé et l’on peut s’imaginer aisément la vie des incas telle qu’elle l’était à l’époque.
Ollataytambo, deuxième site visité dans l’après midi, est accessible par le centre du village proposant de charmantes petites ruelles pavées qui respirent la détente et le calme. Ce sont cette fois des nombreuses, immenses et hautes terrasses qui tapissent un flanc entier de montagne. A mi-chemin de ces dernières se trouvent les fondation d’un temple religieux qui n’a pas été achevé dans sa construction, faute à la guerre perdue contre les conquistadors espagnols même si Ollataytambo peut se targuer d’être un des rares sites où ces derniers ont du battre en retraite une première fois… En face du village on peut trouver le visage d’un inca taillé dans la montagne ainsi que des énormes blocs de pierre que les incas extrayaient à plus de 6 kms du site et transportaient via la rivière afin de construire le temple.
Le troisième et dernier site que nous atteindrons à la tombée de la nuit est le village de Chinchero situé à plus de 3200 mètres d’altitude. Nous y visiterons les fondations d’un ancien temple dont les derniers rayons de soleil s’abattront sur ce dernier avant de rentrer dans une église de style coloniale. Alors que la nuit se sera installée sur la vallée sacrée et le paisible village de Chinchero, nous sortirons de l’église pour rester une bonne demi heure sur une énorme place carrée où nous sera proposée l’habituel étalage des ponchos, gants et autres bonnets réalisés par les locaux. Ce sera presque du harcèlement tant les vielles dames et jeunes filles se jetteront sur nous pour nous proposer l’achat des articles, ces derniers étant bien sûr de meilleure qualité et moins chers que ceux de la voisine... Même pas la possibilité de jeter un œil ou d’essayer un article sous peine d’avoir à s’excuser pendant de longues minutes de ne rien avoir acheté… Le retour ne s’effectuera pas encore malgré nos estomacs qui commencent à crier famine – pourtant nous semblions rassasiés par le buffet gargantuesque proposé à midi – car une dernière visite nous sera proposée. Cette dernière nous mènera dans un des recoins du petit village où nous sera expliqué les méthodes de coloration de la laine. Voilà décidément une journée bien instructive ! Nous étions en effet étonnés depuis notre arrivée dans ce pays dit pauvre de la richesse de la palette de couleurs proposés dans les habits. Du rose éclatant au jaune vif en passant par le orange ou le vert, nous nous demandions comment l’obtention de ces teintes si vives était possible. Ceci vient en fait de l’emploi de plantes et autres céréales qui sont mélangées et bouillies dans des grandes marmites d’eau et dans lesquelles on fait tremper les pelotes de laine vierge. Les colorations varient ensuite en fonction des plantes et céréales utilisés, de leur mélange et du temps qu’a passé la laine dans la décoction réalisée. Ces explications engrangées, nous reprendrons ensuite la route de Cusco, des enfants montant jusqu’à dans le bus pour nous proposer des bracelets et autres accessoires (!). Le retour sera assez court et nous aurons la surprise, depuis les nombreux virages qui descendent sur la ville, d’apercevoir l’ancienne cité inca sous mille feux, entouré par les montagnes obscures et dominé par un ciel étoilé. Nous grignoterons un bout dans la chambre d’hôtel avant d’aller nous coucher, la tête remplie des explications reçues toute la journée par notre guide qui m’avait pris pour compagnon attitré, ayant le même prénom que lui, chose qu’il n’arrivait pas à croire… Et puis demain, pas question de rester au lit ou de prendre le temps de vivre : Lever 5h30 pour prendre le petit train jaune si connu qui nous mènera au pied d’une des plus belles merveilles du monde. Oui messieurs dames, vous l’aurez compris. Demain nous partons en direction de l’imposant, du mythique, du mystérieux Machu Picchu…

mercredi 3 septembre 2008

Lundi 24 Mars 2008 : Sur la route de Cuzco…


Par Cécile
La fin de notre périple s’approche à grands pas mais l’intérêt des sites à découvrir n’en est pas moins subjuguant. Et c’est dans cet esprit de faire profiter nos 5 sens des rares jours qu’il nous restent que nous prenons la route de la splendide – au dire de mon papa- cité de Cuzco.
Mais ne nous emballons pas et nous n’irons pas directement à la case de l’ancienne ville symbole de l’empire inca sans découvrir quelques lieux culturels péruviens.
Une navette nous transfère donc de l’hôtel à une société de transport privée qui ne se situe pas à la gare routière. Nous pénétrons dans le hall d’un bâtiment où se situe le guichet d’embarquement. Nous laissons faire notre accompagnateur quant à l’enregistrement des bagages et la détermination de nos places. La discussion s’anime un peu et nous restons stoïques devant l’animation qui se déroule devant nous, ne comprenant pas un traître mot de la conversation. De nouveaux passagers arrivent et l’hôtesse délaisse notre cas pour s’occuper d’eux. Allons nous partir ? Une fois les autres passagers enregistrés, notre accompagnateur nous fait signe de grimper dans le bus et se charge des bagages à mettre en soute. Bien que l’entreprise de transport nous semble sérieuse, Hervé ira vérifier que nos sacs intègrent bien le véhicule.
La première halte des quelques 400 Kms qui nous séparent de Cuzco se fera dans le village de Pucara où un mini-musée nous y attend. Le bus se gare au pied de la place de l’église et une étroite route en terre contiguë au bâtiment religieux mène jusqu’à un porche sans prétention derrière lequel s’abrite le musée. Il se compose de 3 pièces en enfilade et d’une cour intérieure. Découvrir un musée au pas de course, nous en avons une démonstration détonante même, s’il faut l’avouer, leur collection reste modique. Le guide oscille entre l’anglais et l’espagnol et nous présente une maquette reconstituant un site de trois temples incas de forme pyramidale. Les offrandes d’animaux et de femmes y étaient pratiquées, ces dernières symbolisant la beauté et la fécondité, dans le but de s’assurer une bonne récolte. Les hommes n’étaient pas épargnés non plus par les croyances religieuses puisque les guerriers décapitaient la tête de leurs ennemis afin de recouvrir leur face… Après cet intermède quelque peu violent mais ne s’éloignant finalement pas de celle de nos ancêtres des jeux du cirque ou de quelques compatriotes contemporains, nous quitterons le musée et le village non sans observer – spécificité de ce dernier et de la région - que deux petits taureaux se situent sur le toit des maisons afin d’apporter chance et sécurité aux habitants de ces dernières.
Notre route nous fera rejoindre les ruines de Raqchi, seconde étape de notre circuit, qui se présente comme un ancien site inca composé de 3 zones – agricole, urbaine et religieuse- avec un temple imposant. Les ouvertures sont de forme trapézoïdale afin de prévenir les effondrements, la région étant à fort risque sismique. Nous apprenons les multiples significations de la croix andine où sont représentés les 4 pôles géographiques et les 4 éléments ainsi que la symbolique des animaux représentés ; l’aigle pour l’intelligence, le jaguar pour la force, et le serpent pour la nature. L’édifice central se reposait sur 22 immenses colonnes dont ne subsistent aujourd’hui que les fondations, victimes de la conquête des conquistadors espagnols. Sur le chemin du retour, nous longeons des parcelles verdoyantes où s’amusent des enfants et ou sont absentes toutes références à la civilisation moderne. La sensation de faire partie d’un cliché volé d’un photographe aventurier sur un bout du monde.. Un petit marché artisanal prend place entre le site et le parking des véhicules collectifs ou nous sont proposés de multiples objets en rapport avec la visite effectuée.
Nous prenons maintenant la direction du village d’Andahvaylillas (je préfère l’écrire que le prononcer…) pour découvrir une église jésuite dont la particularité est qu’elle recèle d’influences diverses et surprenantes. Une étoile au plafond fait référence à la culture arabe, un salif ainsi que le sol rappellent que le bâtiment se situe sur celui d’un temple inca. Avec un style baroque, les espagnols ont mis beaucoup d’énergie et d’argent dans le seul but d’inciter les incas qui ne voulaient pas se convertir à le faire… L’église fut d’ailleurs surnommée la chapelle sixtine de l’Amérique du Sud !
Nous avions rythmé ces visites par une halte déjeuner dans un village qui ne payait pas de mine mais où derrière la façade d’un bâtiment se cachait un petit jardin et une salle réunissant un buffet et des petites filles avec leur lama attendant l’attendrissement et la compensation financière des visiteurs…Sans oublier le groupe de musique péruvien, cela va sans dire…
Notre premier aperçu de la superbe Cuzco se fera en fin d’après midi moins d’une heure de route après notre dernière visite. C’est le passage d’une énorme porte ancrée au détour d’une des nombreuses vallées qui nous indiquera notre arrivée dans l’ancienne citadelle inca, berceau de cette civilisation si renommée. Avec Hervé nous sommes à la fois impatients et excités de pénétrer enfin dans sur terres chargées d’histoire….
La compagnie de bus nous arrêtera en périphérie de la ville où un taxi nous amènera à notre superbe hôtel avec patio intérieur situé en plein cœur de la ville, à deux pas de la place principale… Que demander de mieux ? Ce mini séjour en terre inca s’annonce sous les meilleurs auspices… Que cela continue !