vendredi 11 avril 2008

Samedi 8 Mars : Le coup de bluff d Ushuaia


Par Herve
Nous quittons notre chambre de l Aonikenk pour descendre prendre le petit dejeuner avec une magnifique vue sur la ville et le canal de Beagle, via la grande baie vitree du refuge situe sur les hauteurs de la ville. Nous commandons un taxi pour 10h. Pour aller ou me direz vous ? Nous ne quittons la ville que Mardi matin soit 3 jours plus tard... Oui mais voila, nous tenons absolument a faire les chutes d Iguacu et nous avons peur de ne pas en avoir le temps en respectant notre vol. Malgre plusieurs appels a LAN, la compagnie aerienne, pour decaler nos vols, toujours la meme reponse: vols complets, pas de disponibilite avant mardi matin. Loin de me laisser abattre et afin de ne rien regretter, j ai decide de tenter une petite filouterie pour nous permettre de regagner Buenos Aires plus tot que prevu. Je suis en effet persuade que les vols, meme s ils sont a priori complets, disposent malgre tout de quelques places disponibles. Conforte en cela par le fait d etre quasiment certain de n avoir jamais vu tous les sieges occupes depuis le debut de notre voyage et pourtant les vols commencent a etre nombreux... La premiere etape du stratageme a ete de se rendre des notre arrivee a Ushuaia dans une agence de voyage travaillant avec LAN afin de demander les differents vols via cette compagnie pour rejoindre Buenos Aires le plus tot possible. Une fois les horaires en poche, il nous a suffit de choisir celle qui nous semblait la plus opportune afin de ne pas trop tronquer le sejour sur Ushuaia, c est a dire avoir realise toutes les activites qui nous semblaient essentielles, si jamais la combine fonctionnait. Pour le reste, il suffisait de nous rendre a l aeroport avec tous nos sacs et de se presenter au comptoir d embarquement avec nos billets en stipulant qu apres un appel aupres de la compagnie, on nous informait de la possibilite d avancer le vol... Bien entendu, on ne serait pas enregistres sur ledit vol mais c est a ce moment la qu il faudrait adopter une attitude d etonnement et d embarras, ayant malheureusement reserve et paye des excursions et nuits d hotel sur Buenos Aires... Je me disais que si ca ne marchait pas, on aurait au moins eu le merite d essayer et que peut etre la compagnie essaierait de nous trouver un vol le plus rapidement possible. Nous voila donc en ce samedi matin dans le taxi quittant notre charmante auberge, non sans avoir dit au proprietaire que nous serions peut etre de retour dans quelques heures, en direction de l Aeroport...L adieu a cette ville sera-t-il le dernier ? Les choses se passerent exactement comme nous l avions imagine, le personnel d enregistrement cherchant vainement notre no de reservation avant de nous proposer d attendre la fin de ce dernier , malgre nos mines deconfites, pour voir si des places restaient disponibles. Nous voila donc assis avec Cecile a regarder pendant plus d une heure tous les passagers arrivant au fur et a mesure et se faire enregistrer sur le vol...si seulement il pouvait y avoir une greve inopinee des chaufeurs de bus et de taxis, meme pour une heure...! A la fin de l enregistrement, nous nous rapprocherons du monsieur avec nos mines de chiens battus pour connaitre le verdict... Ca passe ou ca casse! Nous n en croyons pas nos yeux mais il nous dit que c est bon et nous donne nos billets d embarquement ! C est donc avec un immense Youpi interieur que nous nous garderons bien de cacher que nous verrons nos bagages s en aller sur le tapis roulant... Nous nous haterons de nous soumettre au restant de la procedure, Cecile n arretant pas de me donner des coups de coude dans le ventre tant elle n en revient pas. Pour ma part, je suis tres content et tres fier que la combine aie marche mais je ne crierai victoire qu une fois assis a ma place dans l avion...

Et ce sera le cas, comme 4 autres personnes comme nous, a la difference que nos places sont placees a proximite de l issue de secours et denues d ecran tv. Nous voila donc mis en garde et informe par le personnel sur la procedure a suivre et le role a avoir en cas d avarie, comment ouvrir la porte, qui faire passer en premier,etc... Avec Cecile, nous repondons par l affirmative, en esperant bien sur a ne rien avoir a faire et en sachant qu en cas d accident, cela ne se passe jamais comme il est demande de le faire... Je m imaginais deja les gens sautant sur les sieges en essayant de sortir par tous les moyens, par les petites vitres ou par les compartiments reserves aux bagages, avec une incivilite totale et des instincts primaires de survie subitement reapparus... Nous arriverons finalement sans encombres a Buenos Aires en debut d apres midi. Notre but desormais est de prendre un bus qui nous menera a Porto Igacu. Renseignements pris aupres de l aeroport, c est uniquement a la gare routiere de la capitale que les compagnies proposent ce genre d excursion. Rien de suprenant ou d alarmant a cela me direz vous. Sauf que j ai omis de vous dire que lors de notre sejour sur l ile de Paques, Vero nous avait dit de nous mefier de Buenos Aires en terme de vols et d agressions, et qu il fallait surtout se mefier de la gare routiere, theatre de nombreux delits envers les touristes...Autant dire que nous n avons pas d autre choix que de nous jeter dans la gueule du loup. Nous prenons notre courage a 2 mains et decidons malgre tout de prendre le bus pour la gare routiere. Nous mettons en application ce que nous appelons entre nous le plan Vigipirate niveau 3 c est a dire la mince banane coincee au niveau de ma taille (c est comme cela depuis notre arrivee au Chili), les petits sac a dos mis contre notre ventre et une vigilance des plus accrues, avec Cecile qui passe devant pour que je puisse veiller sur son gros sac a dos. Nous descendons du bus en retenant notre souffle avant de plonger dans la maree humaine qui envahit le marche dresse devant la gare. C est une multitude de courses multidirectionelles, de helements et de regards qui s offrent a nous, alors que nous essayons de feindre l indifference en allant a la recherche d une compagnie capable de repondre a nos besoins. Le probleme est que la gare routiere compte plus de 200 compagnies de bus (!), classees par ordre de destination (Provinces du Sud, Ouest, Nord, International,...) et qu il nous faut un certain temps avant de nous y retrouver. Finalement, nous choisirons un bus avec un depart dans une petite heure et une arrivee le lendemain matin a Porto Igacu, tout cela dans un service d un standing assez confortable.

Nous attendrons l heure en relative securite, bagages coinces a nos pieds, dans un petit cafe, devant bien sur un match de foot, ou nous aurons de nombreuses visites de gamins de quartiers defavorises qui viendront faire la manche ou proposer l achat de quelconque babiole. Ces derniers ne sont interesses que par l argent, ils dedaignent la nourriture que nous leur offrons. Nous quitterons Buenos Aires tout en y observant la pauvrete ambiante de ses quartiers en direction de l extremite nord du pays. Le service sera tres soigne, similaire a celui des avions, avec notamment des sieges qui s inclineront a un certain de degre de confort pour s endormir (les compagnies proposent des semi cama ou cama complets cad inclinables a l horizontale) et un repas assez bon que nous pourrons meme agrementer de vin du pays. Seuls les films sont totalement horribles mais nous nous en contenterons. Il est temps desormais d aller nous coucher, sans changer de place s il vous plait, dans notre chambre mobile qui va rouler toute la nuit pour nous amener des demain aux portes des plus belles chutes de la planete.

Vendredi 7 Mars : sur le navire du capitaine Haddock...


Par Cecile

L ambiance du bout du monde est particuliere : le ciel est couvert, un plafond nuageux gris coiffe nos tetes, la ville n est pas particulierement belle. Pas d espaces vert, une architecture loin d etre remarquable, une rue principale chargee de voitures et des magasins touristiques. Mais finalement on y est pas si mal...Est ce psychologique ? Peut etre le fait etre de se dire que l on est au bout du monde ou bien tout simplement le changement d atmosphere depuis le debut du periple qui fait que l on s habitue et que nous sommes apprivoises par ce lieux.
C est curieux mais la 1ere perception de certaines places qui nous accueillent n est pas des plus heureuses puis apres quelques heures ou jours passes nous nous en impregnions, prenons nos marques et cela devient un petit bout de chez nous. Ce ne sera pas a chaque fois le cas mais bien souvent. Comme quoi, il ne faut pas toujours rester sur ses premieres impressions et aller creuser un peu. La capacite d adaptation de l Homme n y est pas non plus etrangere. Sans faire de la psychologie de comptoir, c est aussi une belle lecon a appliquer aux rencontres humaines que nous faisons et ferons. Il est dur parfois d accepter les differences de cultures, d education. Nous nous prenons systematiquement comme reference. Les gens devraient se comporter comme nous mais nous n avons pas les memes reperes. Il est parfos difficile d accepter l autre. Les asiatiques par exemple nous parraissent malpolis, toujours a passer devant, a bousculer, a ne pas faire attention quand vous photographiez et vous finissez par avoir au beau milieu de votre photo souvenir la tete d un japonais... Les jeunes du Moyen Orient parlent tres fort, d un bout a l autre d une piece d un cybercafe ou d un wagon de train. Ils nous parraissent sans gene mais finalement c est leur facon de vivre...
Bon je m egare... Revenons a notre journee : Pour rester dans la thematique immersion chez l habitant, nous prenons un petit dejeuner typique avec des tartines de Dolce de lece dans cette inoubliable salle a manger que nous quitterons avec beaucoup de nostalgie...
Nous remettons les sacs sur nos epaules freles et nous gravirons une petite cote (pour la digestion) dans l espoir de trouver une chambree un peu moins austere... Et nous la trouvons...Il s agit d une maison tres sympatique qui nous avait ete recommandee par des voyageurs et qui beneficie d une superbe vue sur le canal de beagle. Notre chambre donnera de l autre cote mais nous aurons tout a loisir de profiter du paysage en dejeunant. La matinee sera consacree a faire une etude de mix marketing (produit, prix, publicite et distribution) sur les maillots et T-shirt de foot pour Sam qui nous accueillera dans quelques semaines a Montreal et dont ce sera l anniverssaire. Pour resumer (sinon on y est pour la journee...) nous avons fait environ 10 magasins a trois reprises chacun. Au bout de 2h, nous nous rendons a la caisse avec le t-shirt mais........ca serait trop facile... arrive devant la caissiere, Herve lui bredouille que nous devons retirer de l argent et nous quittons pour la 3eme fois le magasin pour qu il puisse reflechir si c est la bonne couleur, la bonne taille, le bon ecusson, les bonnes coutures, la bonne etiquette...
Heureusement l apres midi sera plus recreative, nous partons en bateau avec Hector, le capitaine de l embarcation a la decouverte du canal Beagle qui nous amene un peu plus pres du bout du monde. A 80 kms de la en effet se trouve le Cap Horn, a moins de 1000 l Antarctique et a quelques kms le partage des eaux entre les oceans pacifique et antarctique. L embarcation est un petit rafiot mais cela nous convient parfaitement. nous sommes 8 passagers et c est la seule compagnie autorisee a debarquer sur l ile H, reserve naturelle protegee. Nous aurons le droit de gouter a bord le fameux mate, sorte de the tres amer (pour ne pas dire degoutant). Les autochtones en boivent toute la journee et partout. Ils se trimbalent avec leur thermos d eau chaude et leur recipient. Pour tout dire, ca n a pas l air tres pratique...
Nous debarquons sur la fameuse ile, tres sauvage qui fut habitee il y a moins de 50 ans par les indiens Yamana. Il reste d ailleurs de traces de leur passage : ossements, coquilles de moules...Une petite marche sous une bruine digne de la bretagne, nous permettra d aller admirer les cormorans des roches. Nous repartirons, bravant tempetes et marees (ce n est pas tout a fait exact mais c est pour vous mettre dans l ambiance...), pour observer cette fois ci sur un autre ilot une multitude de lions de mer de tres tres pret et en plus il y en a des ENORMES. Ces derniers se prelassaient au cote de King Cormorans. autre variete d oiseaux.
Pour se remettre de toutes ces emotions, nous sommes aller deguster a notre retour sur la terre ferme un delicieux chocolat offert par la petite compagnie et le soir une fabuleuse viande a l ananas prepare par Herve. Seul hic, c est qu il y avait tellement de monde dans la cuisine que le repas a ete pret a 22h et moi je deperissais car fatiguee (c est l air du large...)
Je monterai me coucher tandis que mon cheri ira sur internet consulter ses mails et aller voir quelques sites de rugby.

lundi 7 avril 2008

Explications...


Rassurez vous fideles lecteurs nous ne vous oublions pas et nous allons continuer d alimenter ce blog ! Simplement depuis le bout du monde, les nouvelles sont plus longues car elles partent par bateau... Mais vous comprendrez le retard vu l etat de l embarcation...On vous embrasse tres fort.
les z aventuriers.