samedi 17 mai 2008

Mardi 11 Mars 2008 : Buenos Aires


Par Herve

Les 16 heures de bus nous separant de Porto Igacu a Buenos Aires furent assez bien digeres, aides en cela par le trajet qui fut effectue en nocturne, comme a l aller. Finalement, devant l absence de reseau ferroviaire dans le pays, le bus reste la solution la plus interessante, d ou son developpement avec pres de 100 choix de compagnies et 200 destinations a la gare routiere de Buenos Aires. Moyen de transport relativement peu onereux compare a l avion, permettant, en l effectuant de nuit la plupart des cas, d avaler grand nombre de kilometres, sans s en apercevoir. Le service a bord est soigne, les repas sont tres corrects et les sieges, inclinables et larges sont bien plus confortables que ceux utilises dans les differentes compagnies d aviation. Seul petit bemol, les films presentes pour combler les heures de transport …Cela avait pourtant bien commence avec une trilogie de films a l apologie de Robin Williams (pas mauvais en soi et je me disais que le chauffeur devait etre un fan) mais cela a commence a se degrader avec un film d horreur ou des tetes volaient en eclat chaque 30 sec puis un concert de rock des annees 60 dans une langue dont je ne connaissais l existence (du grec, du russe, un dialecte roumain ?). Nous avons par la suite touche le fond avec un documentaire nous renseignant sur la fabrication des moteurs utilises par les bus de la compagnie puis sur une visite guidee de l usine agroalimentaire d ou sortaient les brioches servies au petit dejeuner ! Je pense que je suis desormais impermeable a toute emission TV… Meme les documentaires de Chasse et Peche qui passent en France vers 3h du matin decrivant les processus d hibernation des alouettes cendrees dans les marais poitevins me sembleront desormais etre d un grand interet…
C est en milieu de matinee que nous atteindrons Buenos Aires. La peripherie de la capitale argentine est bordee d immenses panneaux publicitaires pour des marques de voiture ou de telephonie, qui depassent de loin les 4x3m fleurissant dans les villes francaises. Il y a aussi grand nombre de complexes sportifs ou regorgent notamment terrains de football et rugby.
N oublions pas en effet que dans ces 2 sports, l Argentine demeure une grande nation sur l echiquier mondial. Le fabuleux et historique parcours realise il y a quelques mois par les Pumas lors de la Coupe du Monde de Rugby 2007 en France et les images poignantes de ces colosses de 120 kgs laissant echapper des larmes de fierte lors des hymnes ne sont pas sans me rappeler que malgre l omnipresence du Futbol et le mal fait aux francais pendant l epreuve, le rugby argentin a beaucoup de talent et de cœur a revendre…
Des notre arrivee a la gare routiere, nous prenons la decision de monter rapidement dans un taxi afin d eviter de rester dans ce lieu repute comme un des plus dangereux de Buenos Aires. Cecile est aussi rassuree que contente par ce geste qui lui evitera beaucoup de sueurs froides et pour vous l avouer, je ne m en porte pas plus mal… Le taxi nous deposera en plein centre de Buenos Aires non loin de la grande obelisque de 25 m de haut placee en plein cœur de l artere principale de la capitale. Cette derniere ne compte pas moins de 18 voies de circulation…! Imaginez un peu… L equivalent de 3 autoroutes cote a cote en plein milieu d une ville ! Apres avoir emprunte un bus public, nous marcherons quelques centaines de metres afin de nous rendre dans une auberge de jeunesse recommandee par un journal destine aux Backpackers, faute de guide touristique sur l Argentine. Nous serons accueillis avec gentillesse et servitude par Guido, le maitre des lieux, qui n est autre que le sosie de Frodon Saquet dans le Seigneur des Anneaux. Les lieux degagent de surcroit une atmosphere tres sympathique, comme dans l auberge espagnole, avec un va et vient incessant de personnes de differentes nationalites. Il reste par chance une chambre de libre dans laquelle nous nous delesterons de nos bagages, avant de filer, une douche reparatrice rapidement prise, a la decouverte de B.A et de ses richesses historiques.
Apres avoir traverse quelques rues dont l air, quasiment irrespirable, est explique par la pollution de nombreux bus traversant ces dernieres, nous arrivons a la premiere etape de notre circuit a savoir le parlement. En nous rendant vers celui-ci, nous longeons un grand parc encercle par les multiples voitures qui offrent un recital strident de klaxons. A l interieur de celui-ci se trouve un garcon a moitie deshabille, recouvert de crasse et dormant a poings fermes, insensible semble-t-il aux puissants rayons de soleil qui viennent s abattre sur la peau tanee de son corps frele. Nous nous en apercevrons au cours de notre periple mais les megalopoles d Amerique du Sud exposent tout, des palais les plus riches a la pauvrete ambiante toute proche qui sera palpable a plusieurs reprises.
Nous nous rendons ensuite en direction de la Place de Mai qui renferme l ensemble des hauts lieux touristiques et historiques de la capitale. Nous ferons une halte avant la visite dans un petit restaurant situe a deux pas de la, dans une petite cour pavee gorgee de soleil et rendue legerement ombragee par un arbre. Nous avons alors l impression d avoir fait un bond de 7500 kms et de nous trouver dans le dedale des etroites ruelles du centre ville de Montpellier ou viennent se nicher nombre de charmants petits restaurants qui sortent leurs terrasses d ete sur les rues pavees et ensoleillees du centre de notre chere capitale heraultaise.
Apres cette agreable pause aux forts accents mediterraneens, nous rejoignons la Place de Mai, lieu bien connu de la capitale pour en avoir ete le theatre lors de la revolution pour la prise d independance en 1810. Sont concentres aux abords de cette place l ensemble des lieux charges d histoire comme le Palais Rose (Casa Rosada) ou le Palais des Congres, qui malheureusement pour les touristes avides de savoirs que nous sommes, ne sont pas accessibles au grand public.
Nous poursuivrons donc notre promenade dans les rues commercantes du Centre Ville qui ne sont pas sans nous rappeler celles des villes francaises. On avait en effet l impresion avec Cecile de se trouver Rue de la Loge (grosse artere pietonne du centre ville de Montpellier) hormis bien sur l emploi de la langue espagnole. Mais nos sensations etaient legitimes et nullement isolees car nous apprendrons par la suite que ce quartier est surnomme le Petit Paris pour sa ressemblance frappante avec les rues de la capitale francaise. Nous voilà donc rassures...
En cours de route, alors que Cecile s abandonnera a un petit magasin de fringues, je m arreterai pour ecouter religieusement un chanteur de rue qui avec sa guitare seche et sa voix rauque, n est pas sans me rappeler Roland Ramade, ex chanteur du groupe Reggl yss (mais oui rappelez vous, le tube Mets de l huile dans les 90s) et que j ai eu l occasion de cotoyer, ce dernier habitant dans le quartier recule des Cabanes de Mauguio. Decidement, tout est fait ici pour nous rappeler nos origines... Je resterai pendant plus d un quart d heure a ecouter avec entrain les compositions du denomme Flipo dont je m etonnerai, fait exceptionnel chez moi, a vouloir acheter le CD La mano de Flipo. Faute de monnaie suffisante, je reviendrai un peu plus tard m encquerir de ce cadeau...
Nous nous baladerons au travers des charmantes rues pietonnes avant de nous rendre a notre rendez vous habituel, celui de la LAN, notre compagnie aerienne afin de modifier notre vol Buenos Aires – Santiago un peu plus tot qu initialement prevu afin de pouvoir profiter de la capitale chilienne et de ses alentours. Cela sera fait sans trop d encombres, encore aura t il fallu insister pour ne rien payer en pretextant que nous n avons jamais demande a l origine a nous retrouver a Buenos Aires, chose que nous ne regrettons pas bien entendu.
De retour a notre auberge, nous acheterons quelques fruits et legumes et de la bonne viande. Nous nous rendrons compte durant nos achats que le taxi de la matinee nous a refile un faux billet de 20 pesos... et je deviendrai donc expert en la matiere avec l aide des commercants a qui j essaierai de le refiler tant bien que mal (!) pour desormais reconnaître les elements falsificateurs...
Nous ne regagnerons pas encore nos penates car Cecile a repere le matin un coiffeur qui pouvait lui faire des tresses. Rendez vous ayant ete pris, j assisterai en bon compagnon a la seance avant de payer ce dernier et de reussir, habilement cache, a redonner le fameux faux billet... Malhonnete garcon me direz vous et je vous repondrai que non car la somme a payer etait superieure a celle annoncee... c est donc un juste retour des choses... meme si nous avons rapidement quitte les lieux en courant et rigolant, comme 2 gamins qui auraient vole des bonbons a l epicier du coin...La soiree se deroulera sans encombres avec un peu de repos et l ecriture de quelques mails a nos proches. Guido nous proposera de participer a un barbecue organise par l ensemble des locataires des lieux, geste tres sympathique que nous declinerons car notre viande etait deja sur le feu... Nous nous endormirons relativement tot, malgre les bruits du voisinage qui ne demarra les hostilites qu a 22h30 du soir pour finir au petit matin. Heureusement que l on n a pas accepte l invitation, on a des horaires et un programme a respecter nous !

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