lundi 30 juin 2008

Vendredi 21 mars 2008 : un chemin tortueux vers le lac le plus haut du monde…


Par Cécile
Les petits déjeuners à l’hôtel sont gargantuesques : un régal de jus de fruits frais pressé au choix ananas ou mangue, des œufs, pain, beurre et confiture !
Dans ce pays pauvre où chacun ne mange peut être pas à sa faim, cette satisfaction d’un tel festin est déplacé. Pourquoi cette culpabilité ici et pas chez nous ? La misère du monde ne change pas que l’on s’attable à Montpellier où à Arequipa. Nous avons une chance inouïe d’être nés dans nos familles respectives, dans ce pays où rien de vital ne nous manque. Et pourtant nous arrivons toujours à être insatisfaits. Est ce notre façon d’avancer dans la vie, de progresser ? Où sont ce de futiles caprices ?
Le même cheminement moral m’avait inondée lors de mon court séjour en Roumanie. Et pourtant la vie reprend son cours avec son lot de revendications et d’égoïsme.
Loin des yeux, loin du cœur… Cela ne s’applique pas uniquement à nos sentiments amoureux. Que faire pour changer nos comportements ? Je n’en sais rien. Nos bonnes actions sont tellement épisodiques et disséminées… La vrai générosité ne commence t-elle pas par nos attitudes avec nos proches : famille, amis, collègue de travail…
Parenthèse existentielle fermée… C’est donc repus que nous allons chercher notre sac à dos car nous prenons le bus en direction du lac le plus haut du monde : le lac Titicaca (Au Pérou cela se prononce Titirara. Nous le bredouillerons en s’appliquant car la terminologie du mot évoque au Pérou comme dans notre langue et de façon peu valorisante les selles…).
Au garde à vous dès 8h45 soit quinze minutes avant l’heure prévue car nous sommes tous les deux ponctuels et n’aimons pas déroger à cette règle de respect. Enseigné à bonne école en ce qui me concerne et dés mon plus jeune age par mon grand père paternel, qui d’ailleurs plus extrémiste, prévoit toujours pour un trajet en voiture (indifféremment que ce soit pour un déplacement d’une durée de quelques minutes ou plusieurs heures) le temps d’une crevaison et d’une panne… Autant dire que je ne suis jamais en retard lorsque je suis avec lui.

Après une demie heure d’attente interminable et stressante par peur d’avoir raté notre bus, nous décidons de faire appeler l’agence de voyage s’occupant de notre transfert à la gare routière.
Une incompréhension fut à l’origine de notre attente puisque la réceptionniste nous avait informée du rendez vous à 9h, en réalité déterminée à 11h !
Nous patientons donc en surfant sur le web. Notre accompagnateur se présente enfin et nous traversons le centre ville puis la banlieue beaucoup plus miséreuse pour descendre du véhicule et embarquer aussitôt dans le bus, après paiement des taxes. Le voyage durera environ 6 heures et c’est surplombant une ville indigente, aux constructions précaires et non achevées que nous découvrons Puno.
2ème impression peu convaincante de la ville au terminal des bus : les indications de sorties ne sont pas évidentes, nous scrutons autour de nous à la descente du car, attendons un peu pour voir où se dirigent les voyageurs. Personne ne semble nous attendre, le quai se vide rapidement. Nous accédons donc à l’intérieur de la bâtisse où salles d’attente et comptoirs de multiples compagnies s’enchaînent les unes aux autres. A priori, nous ne sommes pas non plus attendus. Nous voilà en quête du coordonnateur de notre voyage en questionnant des voyageurs en baragouinant un semblant d’espagnol (ayant pris tous les deux opté pour l’apprentissage de la langue allemande en 2nd langue…) car très peu d’habitants d’Amérique du sud parlent anglais. La gentillesse des péruviens se révélera une fois de plus extraordinaire : un guide lambda va s’enquérir auprès de plusieurs passants et employés mais revient bredouille. Partant d’une très gentille attention, il nous déconseille fortement, voir nous interdit, d’accepter les sollicitations diverses de conducteurs pour nous véhiculer. Il nous recommande vivement de ne pas s’aventurer en dehors de la gare routière, de bien garder nos affaires à l’œil et va même jusqu’à négocier un taxi officiel pour nous !
Hervé refuse gentiment, le remercie chaleureusement et se dirige d’un pas décidé vers la banque de notre compagnie de bus pour trouver une solution de « rapatriement » à notre hôtel ! Les employés s’affairent à chercher les coordonnées de l’agence de voyage et se chargent de les contacter. Après 20 minutes, plusieurs appels infructueux et un gros questionnement sur notre avenir immédiat, ils réussissent à avoir une personne au bout du fil, leur confirmant de ne pas nous inquiéter. Effectivement, dix minutes après , une jeune fille arrive avec un taxi navette. Elle se confond en excuses, invoquant le retard de notre bus et une attente trop longue…Nous conduisant à l’hôtel, elle nous explique le programme des 2 jours suivants. A l’exception de ces attentes pimentant d’adrénaline notre excursion péruvienne, il est fort agréable de se sentir en sécurité et encadrés sur certaines activités et notamment les déplacements. Nous prenons possession de notre chambre (encore avec salle de bain privée…) avant d’aller déambuler à travers les ruelles de la ville à sa découverte. La balade est de courte durée, le centre ville se résumant à l’inéluctable Plaza de armas et une rue piétonne commerçante. Nous croisons une nouvelle procession religieuse composée de militaires ! Incroyable ! La séparation de l’état et de la religion n’est à priori pas d’actualité dans ce pays… Par contre l’engouement religieux et la bienveillance de ce peuple sont des symboles vivants et indubitables…
La journée s’achèvera dans un restaurant local dont la spécialité est le poulet et l’ambiance embuée, bruyante et typique… En prime, nous sommes accueillis par une magnifique mascotte vivante représentant bien sur un poulet ! Pensant peut être que le fait de voir une représentation ludique de l’animal nous donnera envie de le dévorer… le marketing n’a pas de frontières et atteint le bout du monde…Hervé sera ravi de trouver un homologue et pourra s’enorgueillir d’avoir immortalisé cette rencontre touchante.

mercredi 18 juin 2008

Jeudi 20 Mars: Canyon del Colca (2)

Par Hervé
Le soleil se lève tôt au Pérou. Il fait en général jour vers 5h du matin. Nous commençons petit à petit à nous habituer à ce rythme même s’il est toujours délicat de se lever si tôt ! Mais bon, nous n’allons pas nous plaindre car ce que nous vivons est toujours aussi agréable…
Le mini bus passe nous récupérer à l’hôtel aux alentours de 5h pour aller en direction du petit village de Yanque où nous marquerons un premier arrêt.
Malgré l’heure, il y a déjà beaucoup d’effervescence sur la place principale du village. Toujours ces mêmes stands de vente à même le sol où chaussettes, gants, bonnets et autres ponchos en laine 100% Alpaga nous sont proposés…. A combien s’élève la production de ce genre d’articles au Pérou ? Je pense que les chiffres seraient impressionnants…
Nous retrouvons bien sûr aussi ces habituelles dames ou petites filles en costume traditionnel péruvien qui sont accompagnées de ces fameux camélidés pour être pris en photo moyennant une petite piècette… Petit changement par ailleurs du à l’environnement de haute montagne avec la présence cette fois d’aigles et même de chouettes…
Mais l’attraction principale ne tient pas dans ces deux faits que nous retrouverons tout au long de notre séjour péruvien, elle réside cette fois ci dans la démonstration de danse typique qui nous est faite sur la place du village. C’est une bonne trentaine d’enfants en costumes qui décrivent un cercle au sein de la place se déambulant de façon bien cadencée au rythme de la musique qui émane de 2 vieux haut parleurs. Le guide nous apprendra que cela fait partie d’une activité obligatoire enseignée à l’école au même titre que les maths ou la géographie et que ces cours de danse sont dispensés tous les jours de 6h à 8h dans ce petit village !
J’essaie de prendre du recul sur ce que je viens d’apprendre tout en regardant ces écoliers qui dansent sur cette place avec en arrière fond, un splendide paysage montagneux ou les plus hauts pics sont recouverts de neige.
Que de belles leçons de différence culturelle que ce tour du monde… Il y a des enfants qui en France rechignent à faire 2h de sport par semaine. Ici les écoliers dansent tous les jours avec une place publique comme scène et les hautes montagnes andines comme décor…. Et qu'est ce qu'ils ont l'air heureux à faire cela!
Pour ce qui est des costumes, je suis très surpris par ces derniers. Ils sont en général très bariolés et avec des couleurs vives alors que je m’attendais à des habits plus uniformes et plus ternes dans les couleurs, en relation avec la pauvreté ambiante du pays. Chaque costume est différent en fonction des régions et des personnes qui les portent. Il est en ce sens un réel marqueur social. Le chapeau de ces derniers est assez particulier. On dirait un abat jour qu’ils ont mis sur la tête….
Après cette belle pause riche d’enseignements et de relativisme, nous reprenons notre route qui doit nous amener à notre destination finale à savoir le belvédère de la Cruz Del Condor.
C’est de là que nous pourrons observer le Canon del Colca, profond de 3200m ! Avec ces chiffres, cela en fait un si ce n’est le plus profond canyon du monde même si une petite guerre existe avec son voisin, le Canon del Cotahuasi qui le battrait de 150 mètres… Toujours est-il qu’il est 2 fois plus profond que le grand canyon du Colorado… J’essaie d’imaginez la bestiole…
Après quelques pauses et une bonne heure passée à longer la route escarpée de la rive gauche du Rio Colca, nous arrivons enfin à l’endroit tant attendu.
L’endroit est majestueux. On découvre, sur un apic vertigineux de 1200 m, une vue époustouflante sur le Canyon. Le versant Nord qui nous fait face, est une gigantesque muraille horizontale de 3200 m qui domine le Rio del Colca, rivière transformée en petit filin d’eau au dessous de nos pieds…Ce qui rajoute encore plus de piquant au tableau, ce sont les fameux condors andins qui s’amusent avec les courants ascendants et descendants au dessus de nos têtes. Ils sont majestueux avec leur belle robe noire et impressionnants avec leur envergure qui peut dépasser les 2,50m… Qu’il est beau de les voir survoler nos têtes laissant éclater tout leur beauté et leur force avant de plonger dans l’énorme précipice pour aller se perdre dans l’immensité des lieux puis de remonter vers le ciel… Instants magiques dont nous ne nous lasserons pas… Nous sommes bien sur émerveillés par cette vue et cette scène mais un peu déçus par l’impression donnée par la profondeur du Canyon. Nous nous attendions à 3200 m d’apics vertigineux nous donnant une sensation de vertige insurmontable alors que là nous ne sommes «qu’à » 1200 m de la rivière et les pentes abruptes ne sont pas abordables de près donc nous ressentons moins cette sensation de profondeur. Cécile, qui avait déjà visité le Grand Canyon trouve aussi ce dernier impressionnant car plus abrupt. Je pense que pour se rendre compte de l’immensité de la profondeur, il aurait fallu se rendre sur la face vertigineuse de 3200m que nous avons en face, ou s’accrocher aux pattes de condors…
Nous resterons plus d'une heure à observer ce splendide panorama et rester béats devant le ballet des condors et la beauté des lieux. De retour, nous ferons une petite halte sur le chemin où nous pourrons apercevoir des tombes juchées à une centaine de mètres au dessus de nos têtes sur les flancs de la montagne. Comment ont elles pu être creusées sur ces lieux si difficiles d'accès? L'hypothèse avancée est qu'une partie de la montagne qui en permettait l'accès se soit effondrée entre temps...
Durant la route de retour qui nous ramènera au village de Chivay ou nous déjeunerons, nous aurons tout à loisir d'admirer la kyrielle de terrasses qui viennent strier et lézarder les montagnes péruviennes. Elles sont omniprésentes. Et quand on connait le temps qu'il faut pour élaborer l'une d'entre elles, je ne peux m'empêcher de penser au temps qu'il aura fallu pour leur réalisation. Les péruviens, champions du monde des terrasses ! Et nous qui croyions que c'était les cévenols ou provencaux... Une fois arrivés au village, nous nous promènerons avec la famille suisse rencontrée la veille sur un marché local avant de déjeuner avec eux dans un tout petit restaurant qui ne payait vraiment pas de mine mais où la présence des locaux nous a rassuré (et oui, là où les locaux vont et se nourrissent, cela veut dire que c'est bon et pas cher...petit proverbe de voyageur). Malgré l'endroit très obscur et la simplicité des lieux, les plats étaient en effet bons et très peu chers même si je suis incapable de vous dire ce que nous avons mangé... Je vous passe la description des toilettes ou Cécile n'a osé mettre les pieds malgré une envie très pressante... L'après midi sera consacrée au retour sur Arequipa, entrecoupée en cela par les habituels arrêts pour admirer l'immensité et la beauté de l'Altiplano andin peuplé de ces magnifiques alpagas, vigognes et autres lamas.
Crevés par notre journée, nous ne ferons pas long feu pour la dernière soirée au sein de la ville blanche. Une dernière visite de la cité et de son centre très sympathique avec toutes ces belles terrasses autour de la Plaza de Armas, une brève incursion dans l'immense église de la ville en cette semaine sainte et un petit repas dans un restaurant chinois conseillé par nos amis suisses avant de regagner nos pénates. Nous sommes contents de cette petite excursion dans les hauts plateaux péruviens. Même si nous avons été un peu déçus par le clou du spectacle à savoir le Canon Del Colca, nous avons été frappés par les beautés du paysage andin et de tout ce qui l'entoure. Ces petites filles magifiques et ces animaux qui le peuplent. Tous ces lacs et cette verdure malgré la haute altitude...Sans oublier toutes ces terrasses...
Demain, nous retraverserons une bonne partie de cet altiplano. C'est en effet la route à prendre pour aller vers Puno et son lac le plus haut du monde: Le fameux et célèbre Lac Titicaca, situé à plus de 4000m d'altitude...

dimanche 15 juin 2008

Mercredi 19 mars : Canyon Del Colca


Par Cécile
Nous prenons la route ce matin pour deux jours d’expédition au Canyon Del Colca proposée par Guillermo. Cela fait partie d’un tour organisé, il nous est juste demandé de nous laisser porter. Cela ne correspond pas à notre vision du voyage mais après deux mois et demi de pérégrinations, cela n’est pas pour nous déplaire : des vacances dans les vacances…
Qui plus est, c’est un tour en petit groupe, embarqué dans un minibus. Comme à l’habitué, accompagné du strict minimum, nous nous enfournons les premiers dans le van pour un tour de ramassage touristique… Nous avons droit ce matin à un spectacle théâtral navrant d’un couple quadragénaire créant un scandale car ils n’étaient pas sur les deux premiers sièges du véhicule.
Malgré les tractations et négociations de la guide, celle ci se verra obligée de demander aux personnes installées à ces places d’avoir la gentillesse et l’intelligence de se déplacer vers le fond.
Après cet intermède désolant, nous roulerons 10 minutes avant le premier arrêt intra-muros permettant de se fournir en friandises, boissons et feuilles de coca pour les plus avertis. En effet, au cour de notre périple, nous allons atteindre une altitude de 4300 mètres, provoquant le soroche autrement dit le mal des montagnes. Les symptômes sont la difficulté à respirer, le mal de tête, perte d’équilibre, nausée…
Bien nous en a pris d’acquérir un peu de cette plante magique. Petit détail, le mode d’emploi n’est pas fourni avec… et au lieu de laisser les feuilles se décocter coincées entre nos gencives et notre joue, nous les avons mâchouillées comme un vulgaire chewing-gum, symbole de l’ère de grande consommation.
Pour s’assurer d’une efficacité maximum, nous en avons enfournées plus que de raison dans nos becs. Dans la lignée de la logique consumériste : plus on en met, plus c’est efficace…
Nos gosiers se trouvent en mauvaise posture avec de multiples morceaux d’herbe virevoltant et chatouillant notre glotte, provoquant l’effet inverse de celui escompté : des hauts le cœur…
Je me persuade aisément que cela aurait été pire, sans aucune mesure, sans Coca, non sans oublier de dégurgiter très vitre ce met relativement peu comestible.
Nous roulons une paire d’heures jusqu’à un plateau nous laissant toute joie d’observer les vigognes (vicougnasses en espagnol/péruvien, appellation combien moins flatteuse mais j’avoue qui me fait sourire, me remémorant systématiquement mes ex-coéquipière rugbywoman de Jacou). Le nom est retenu mais pas les spécificités morphologiques de cet animal comparé a ses cousins lama, guanaco et alpagas. En tout état de cause et de façon grossière, ça se ressemble. Les différences en jeu tiennent dans une histoire de hauteur de croupe, de typé de toison et de taille de queue (sans aucun sous entendu, s’il vous plait).
Hervé pourra sûrement vous détailler tout cela dans sa page culturelle péruvienne, à moins qu’il se soit déjà lancé, en bon apprenti archéologue sur les mystères des lignes de Nazca ou sur une étude de marché des bazars artisanaux (Nous aurons l’occasion de s’en reparler…).
L’observation fut de courte durée et nous atteignons quelques kilomètres plus loin le sommet et un nouvel arrêt marque l’heure d’une infusion…de…coca et un petit différent financier avec mon amour de comptable. C’est bien connu, les filles sont conçues pour dépenser et j’avais une envie irrépressible et un besoin médical (c’est une post rationalisation…) de la boisson magique malgré notre expérience pourtant pas si vieille…
Je me fais la réflexion que c’est une demande idiote de ma part et un faux besoin, que ce tour du monde devrait nous faire relativiser compte tenu des conditions de vie de certains peuples que nous rencontrons. J’ai l’impression de faire un caprice ! 3 mois de tour du monde ne suffisent sûrement pas à changer nos mauvaises habitudes de consommateurs insatisfaits. Gentiment, mon double me rapporte la boisson tant convoitée…
Là haut, les locaux attendent sagement les dizaines de bus quotidiens afin de leur proposer leurs produits artisanaux que nous auront tout loisir d’admirer pendant environ deux semaines à raison de dix fois par jour… Cela devient forcément lassant mais nous acceptons naturellement cet état de fait compte tenu que nous venons « polluer » leur terre et que les autochtones ont bien le droit d’en retirer un bénéfice. C’est notre action de venir les voir qui implique inéluctablement le développement touristique avec ce que cela peut induire. En plus, nous, les touristes nous permettons de critiquer les conséquences de nos actes, arguant que beaucoup de lieux sont des attrapes touristes…
Les péruviens ne sont pas aussi agressifs commercialement que nos amis thaïlandais à l’exception des enfants, redoutables vendeurs. Une petite fille me propose un bracelet que je refuse une première fois puis une deuxième fois jusqu’à la sixième fois où je m’entend affirmer d’une voix sure et ferme par l’enfant « Yes, you buy it ».
La deuxième école de vente consiste à ce que le bambin vous décline toutes les caractéristiques de votre pays : nom du président, actualités people et diverses et bien sur Zinedine Zidane !
Autre moyen de faire de l'argent, se faire prendre en photo aux côtés d'un bébé alpaga et d'une petite péruvienne (elles sont très jolies...) en échange de quelques piècettes...Personne ne peut résister!
Nous posons enfin le pied dans le village reculé de Chivay où il nous est proposé de nous restaurer avec un menu « touristico ». Nous voilà attablé avec une australienne et une anglaise avec lesquelles nous avons plaisir à faire plus ample connaissance et discuter de nos expériences de voyageurs. Nos affaires déposées dans nos hôtels respectifs, nous avons rendez vous pour nous détendre dans les thermes. Certains y verront l’occasion de se réchauffer car il fait froid et il pleut. Nous n’avons pas de maillots de bain et qui plus est, nous pensions que tout était inclus, ce qui n’est pas le cas. Nous déclinons l’invitation à la trempette (pour tout vous avouer, l’état d’hygiène ne nous a pas poussé à nous jeter à l’eau…). Nous irons donc nous promener sous la bruine aux alentours puis pendre un thé en amoureux dans une salle minuscule et sombre au cœur des thermes. Avant le repas qui s’avéra mémorable, nous déambulerons, essentiellement pour s’équiper du minimum vestimentaire au marché très local. Celui-ci est constitué d’une brochette de petits compartiments de 4m2 environ où les articles les plus divers se côtoient et s’entassent les uns sur les autres. On y trouvent naturellement nourriture, vêtements et surtout de superbes slips pour mon homme. Malheureusement, pour lui le boxer ou le caleçon ne sont pas entrés dans les coutumes et la gamme des produits slips n’est pas très éclectique… Je ne ferais pas l’affront de prendre en photos ses nouvelles acquisitions mais ne me gênerai pas pour lui rappeler le plus souvent possible l’esthétisme de ses nouveaux apparats.
Apprêtés de nos sous-vêtements de « soirée » nous pouvons aller assister au repas de gala. Nous ne prendrons qu’une boisson et une soupe, nous délectant du spectacle offert : un orchestre péruvien (musique dans le style « c’est très sympa mais pas plus de 5 minutes ») et un duo de danseurs effectuant des danses typiques qui consistent à se fouetter alternativement. Le bruit impressionnant donne l’impression d’une surenchère progressive jusqu’à l’arrêt du morceaux de musique. Le but pour le public est d’éviter de se faire happer par le couple pour l’apprentissage chorégraphique. Au final 50 % des touristes attablés se pavanent au milieu de la pièce dans une chenille effrénée et nous regardons ça d’un air apeuré et effrayé. Nous avons l’impression d’avoir atterri dans une scène des Bronzés…
Subtilement, nous essayons de nous échapper mais nous avons pris des petites routes en terre pour venir et ne sommes pas rassurés quand à rentrés à pied dans les ruelles sombres. Nous attendons donc le feu vert du départ pour regagner notre chambre et une courte nuit de sommeil : demain réveil à 4h…

vendredi 6 juin 2008

Mardi 18 mars 2008 : La magie Santa Catalina


Par Cécile
Après une deuxième nuit de bus, nous découvrons au petit matin Arequipa, joliment surnommée la Ville Blanche, en rapport avec le sillar, une roche volcanique claire avec laquelle ont été batis l'ensemble des beaux édifices de l'époque coloniale. Les habitants se plaisent même à dire que la lune a oublié d'emporter la ville lorsqu'elle s'est séparée de la terre.

La gare routière se trouve en périphérie du cœur historique, dans des quartiers plus modestes.
A la sortie du bus, les passagers accèdent a un petit salon attribué à chaque compagnie. Tandis qu’Hervé, dans notre configuration habituelle s’est dirigé pour vérifier l’attribution des bagages, j’aperçois à la sortie opposée un monsieur une pancarte à bout de bras nous désignant. Je vais me présenter à lui et lui indiquer que nous attendons nos sacs à dos. Ce n’est pas un conducteur de taxi mais un employé de l’agence de tourisme qui effectue notre transfert, nous donne des indications sur les jours à venir et de précisions sur les excursions retenues. Nous traversons la ville pour rejoindre l’hôtel. Un établissement agréable avec chambre double et salle de douche privée. La grande classe. La chambre n’est pas tout a fait prête et la direction de l’hôtel nous offre un thé en attendant de pouvoir en prendre possession. Les bagages ont été montées. Nous sommes dans un autre monde basé sur le confort…Ce n’est pas si désagréable et nous devons bien avouer que ce n’est pas pour nous déplaire.
Le guide consulté, nous partons à la découverte de la cité. Celle ci a été occupée, après les Aymara et les Incas, par les espagnols et leur présence se traduit aujourd’hui par l’architecture du centre : une belle leçon d’esthétisme. La configuration est semblable a de nombreuses villes du Pérou où tout s’articule autour de la place centrale Plaza de Armas.
Nous errons dans les rues et apercevons les bâtiments avec patios et cours intérieures. Le centre ville est beau et appelle à la détente, assis a une terrasse de café dans une cour intérieure. Nous voilà donc installé pour déguster une crêpe a côté d’une famille francophone. Il s’agit d’un couple suisse parti avec ses deux enfants en tour du monde d’un an. Ça donne de nouvelles idées…
Bien rassasiés, nous décidons d’aller visiter le couvent Santa Catalina. Il sera parmi nos plus beaux souvenirs du tour du monde. Ma description ne sera jamais à la hauteur de la réalité.
Il est unique à plusieurs titres. Outre sa beauté, c’est un des plus grands couvents au monde. Construit au 16ème siècle, c’est une véritable ville dans la ville avec ses nombreux cloîtres. Chacun à son style et ses couleurs lumineuses virant du jaune bouton d’or à l’ocre puis au bleu. Il y a des rues égayées par des pots de fleurs, des cours, un jardin avec une fontaine. Chaque sœur à ses appartements composés au minimum d’une chambre, d’une petite cour avec un four. Il y avait parfois des appartements pour les servantes.
En effet, à l’origine, le couvent accueillaient les cadettes de l’aristocratie (les filles aînées étant destinées au mariage). Cependant, elles ne se vouaient pas corps et âme à dieu comme l’exige la religion : des visiteurs étant acceptés a certaines occasions festives et de détente. L’ordre y fut donc rétabli, aucun visiteur n’y était accepté et les religieuses y vivaient recluses. C’est en 1970 sur la demande du maire de la ville que le couvent ouvrit ses portes au public.
Ce havre de paix a été classé au patrimoine mondial. C’est après 3 heures d’admiration a déambuler dans ces dédales de petites rues et appartements coquets et quelques dizaines de photos que nous nous décidons à quitter le merveilleux édifice.
Nous décidons d’acheter de quoi se restaurer dans notre chambre d’hôtel lorsque nous nous retrouvons nez à nez avec une procession. Cela fait Tilt dans ma tête : nous sommes en semaine sainte… L’engouement et la ferveur religieuse sont impressionnantes. Dans la foule se mêlent petits et grands, tous milieux confondu. Ils portent des chars à l ‘effigie de la vierge, du Christ. Fait marquant des groupes corporatistes participent à la fête et nous apercevons des militaires et policiers y participent activement revêtus de leurs uniformes officiels. Ou en est-on de la séparation de l’état et de la religion au Pérou ?
Sur le chemin nous ramenant à l’hôtel à travers cette marée humaine, j’ai une pensée émue pour ma grand mère paternelle. Nous achèterons quelques empenadas que nous mangerons tranquillement dans notre chambre d’hôtel. Il nous tarde en effet de rentrer prendre une bonne douche, de manger un bout devant les photos nouvellement prises et surtout de nous coucher. Nous en avons effet passé les deux dernières nuits dans les bus et nous avons, de par le mode de transport et l’angoisse d’être détournés (fait qui arrive parfois au Pérou) très peu dormi. Et puis demain, nous partons pour une excursion de 2 jours sur les hauts plateaux andins à plus de 3500 m d’altitude. Autant être en forme…

Lundi 17 Mars : Nazca Lines...


Par Hervé

C’est en plein milieu de la nuit que nous arrivons dans la petite ville de Nazca, située en pleine Pampa Colorada (plaine rouge), une grande région désertique située sur la côte littorale ouest du pays. A la descente de notre bus nous attendra un agent de sécurité de l’hôtel qui nous mènera à ce dernier situé à 2 rues du terminus. Cela faisait partie des services inclus dans la prestation de notre Tour Opérator à savoir une personne de confiance connue de l’agence qui fasse en tout sécurité le transfert entre nos lieux d’hébergement et activités.
Après avoir pris possession de notre charmante chambre, nous nous hâterons de trouver le sommeil. Nous avons en effet très peu dormi dans le bus et nous devons rattraper ces heures perdues pour être en forme pour la journée. Celle-ci démarrera réellement vers 9h30 et la prise du petit déjeuner dans la salle à manger de l’hôtel. C e dernier est très agréable et très confortable. Pierres apparentes, vieux crépis et grande portes en bois lui confèrent un petit côté campagnard que nous apprécions beaucoup, sublimé en cela par de nombreuses plantes vertes et éléments décoratifs champêtres. Une petite piscine vient finir l’ensemble alors que les chambres spacieuses proposent toutes TV, salle de bain et WC. Guillermo ne s’est pas fichu de nous dans le choix des hôtels à priori. Nous lui avions juste demandé des prestations sécuritaires avec un minimum de confort, il nous a dégôté un trois étoiles !
Une personne de l’agence doit venir nous chercher vers 10h00 pour rejoindre le petit aérodrome de Nazca, destination de notre principale activité et raison de notre venue ici : le survol des mystérieuses lignes. Après une petite attente et un appel à l’agence, il semble y avoir eu confusion sur l’heure et l’activité sera reportée de 2h, le temps pour nous d’aller sur internet et de mettre quelques journées sur le blog qui connaît de plus en plus de succès, si l’on s’en réfère au nombre exponentiel de commentaires reçus. A midi, le taxi de l’agence vient enfin nous chercher à l’hôtel pour nous amener à l’extérieur de la ville. Ce taxi est aussi guide et nous désigne une immense montagne recouverte de sable blanc et sur les flancs de laquelle les péruviens et touristes viennent s’adonner aux joies du sandboard… plus rien ne nous étonne. Nous arrivons à destination et après nous être acquittés des taxes d’aéroport, nous attendons notre tour pour procéder au survol de ces mystérieuses lignes. Enfin…Nous y voilà…Les fameuses lignes de Nazca…Mondialement connues pour leur caractère mystérieux… Pour la petite histoire, ce sont des lignes tracées au sol mais qui de par leur taille ne sont visibles qu’à des centaines de mètres d’altitude. Au final, ce sont plus d’une douzaine de géoglyphes de plus de 100 mètres de long qui représentent une main, un condor, un singe, un astronaute,.. Pour ma part, je connaissais depuis tout petit l’existence de ces lignes. Premièrement, de par ma passion pour l’archéologie lors de ma prime jeunesse et deuxièmement parce que mon père, fasciné par la beauté et la simplicité du fameux géoglyphe du condor, avait eu le dessein de le reproduire au dessus du lit matrimonial. Inutile de vous dire que les morceaux de bois, le patron et la scie sauteuse sont encore au garage… Une pensée donc particulière pour lui qui aurait bien aimé être avec nous dans l’avion pour être au plus près de ce mystère archéologique non élucidé. Enfin l’avion…Je m’avance un peu. Je ne m’attendais pas à quelque chose de précis mais ce sont en fait des petits coucous de 6 places qui décollent et atterrissent toutes les quinze minutes ! Je commence à être encore moins rassuré lorsque je m’aperçois de l’état des passagers qui une fois sur la terre ferme, font appel à l’infirmière présente sur les lieux ou vont déglutir dans les petits arbustes non loin de là.
Ca y est. En une fraction de seconde, les vieux démons du Beticio ont resurgi…En un seul regard, Cécile comprend mon désarroi et m’adresse un sourire qui se veut à la fois rassurant et amusé. Je commence donc à m’imaginer et à me préparer au pire tout en commençant à prendre une respiration plus ralentie et longue…Dans quel état vais je sortir de ce vol ? Après quelques minutes d’attente qui seront longues du à cette petite angoisse, nous montons à bord du petit avion, en étant à cause de notre petite taille, dirigé au fond de la carlingue. Cela nous change bien sûr des énormes avions que nous prenons d’habitude. Là, c’est plutôt un vieux coucou qui a l’air de beaucoup bouger…Pour être bref, nous dirons que le confort de ce dernier est inversement proportionnel à la renommée des lignes survolées. Après nous avoir distribué à chacun l’itinéraire représentant les différents géoglyphes que nous allons pouvoir observer, nous prenons enfin notre envol et volons pendant quelques minutes dans le désert péruvien avant de nous approcher de ces fameuses lignes que nous sommes impatients d’apercevoir… Et voilà que notre attente est récompensée : Le pilote nous annonce le premier géoglyphe en nous montrant ce dernier du doigt tout en effectuant une spectaculaire descente pour une meilleure vision. Nous chercherons ce dernier pendant quelques secondes avant de le repérer enfin. En fait, notre première impression qui se généralisera et se vérifiera sur l’ensemble de la visite est que les géoglyphes ne sont pas aussi gros et visibles que ce que nous avions pu imaginé. Les lignes délimitant ces derniers semblent fines et de couleur claire qui ne contrastent que légèrement avec la couleur pourpre du désert. Quant à la taille, malgré des mensurations qui peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres, elle est somme toute relative comparée à l’immensité des lieux. Un peu déçus donc de la réalité proposée mais admiratifs quand même du spectacle proposé et de l’énigme qui s’y rattache. Et puis le plus mémorable sera peut être et surtout les conditions d’observation…
En effet , à chaque survol de géoglyphe, le pilote effectue un plongeon en penchant l’appareil sur un côté , remonte, fait demi-tour et replonge mais cette fois dans l’autre sens. Ce pour que l’ensemble des passagers, côté gauche comme côté droit, puisse en profiter. Imaginez déjà l’état de mon ventre au bout de quelques plongeons… Rajoutez y à cela la prise de photos collé à la vitre pour essayer d’immortaliser ces moments et vous aurez l’ensemble des conditions pour être malade… Trop facile en effet d’être dans un grand avion très stable avec vue panoramique et appareil photo avec écran LCD pour des prises de vues de loin, non, non, c’est tellement mieux de se focaliser sur le petit viseur (je rappelle que Cécile a malencontreusement cassé l’écran il y a un mois) pendant que votre pilote se prend dans son petit coucou pour un as de haute voltige… ! Nous répéterons le processus plusieurs fois avant de pouvoir admirer les différents symboles mystérieusement tracés au sol. Beaucoup d’animaux (1 condor, 1 colibri, 1 singe,…) et d’autres représentations ( 1 main, 1 astronaute,…), ces dernières étant toute séparées de plusieurs centaines de mètres avec une omniprésence de grandes lignes ou figures géométriques. Le survol durera une grande demi-heure mais il me tardera de rentrer, enfin pas moi, surtout mon ventre… J essaierai en effet de résister à la nausée qui s’empare peu à peu de moi et espère ne pas renouveler la deuxième mésaventure du Vomicio… Une fois le dernier géoglyphe observé, le retour à la base me semblera très long… Nous nous poserons enfin sur le tarmac du petit aérodrome et je m’extrairai fièrement bien que chancelant du petit coucou avec mon sachet tout vide…Quelle belle revanche sur le Beticio ! Nous offrons à nos estomacs malmenés de quoi boire et manger en guise de récompense. Cécile m’avouera ne pas non plus s’être senti bien en fin de vol…Ah Ah !
Sur le chemin du retour, notre taxi-guide nous proposera une excursion pour l’après midi que nous accepterons après réflexion. Au menu, visite d’un cimetière de momies nazca, atelier de poterie traditionnelle et exploitation de mine d’or. Nous nous reposerons une petite heure à l’hôtel afin de nous remettre de nos émotions avant d’embarquer dans le taxi qui nous mènera à plusieurs kilomètres hors de la ville. L’occasion pour nous d’être confronté une fois de plus à la pauvreté ambiante… : Les maisons ne semblent pas être achevées dans leur construction. Il manque pour la plupart les fenêtres ou les portes, remplacées par des draps et parfois même les toits…Pas de poteau électrique bien sûr, pas de point d’eau apparent non plus et une installation sommaire : Un matelas à même le sol, une table pour les plus riches…Avec dehors, des enfants à moitié nus qui jouent avec un vieux ballon que veulent se partager les chiens…Tout cela sous la surveillance des parents qui s’adonnent à des travaux répétitifs et ennuyeux de manufacture…
Nous quitterons la route nationale pendant plusieurs kilomètres afin d’arriver à une grande plaine déserte dominée par les montagnes rougoyantes d’où surgissent quelques auvents faits sommairement de bois et de paille. C est ici que se trouve le cimetière de Chauchilla qui abrite des multiples momies de l’ère Nazca. Le peuple Nazca a vécu en grand nombre et pendant plusieurs siècles dans cette région bien avant l’expansion de la plus connue civilisation inca. C’est dans cette immense zone qui s’étend sur plusieurs centaines de m2 (l’équivalent de 5 terrains de sport réunis) qu’ont été entreposés les corps. Le guide nous expliquera que ces derniers étaient exposés au soleil pendant plusieurs jours, recouverts d’une sorte de pâte à base d’extraits de plante, avant, une fois séchés, d’être recouverts d’une grande enveloppe de coton. L’existence d’un au-delà faisant partie de la base de la croyance du peuple Nazca, chaque corps portait des vêtements et était accompagné de nourriture, bijoux et armes. Quelque uns de ces cadavres ont été placés dans des fosses de 1 mètre de profondeur et de quelques m2 de superficie protégés par les auvents de bois et de paille aperçus en arrivant. Il y a en tout une dizaine de fosses où l’on peut apercevoir pour chacune d’elles 2 ou 3 momies parfaitement conservées, dans différentes positions et accompagnées de différents apparats en fonction de leur ancien statut social. L’état de conservation est impressionnant. Mieux que dans les films d’épouvante ! Cela nous fait bizarre aussi d’être aussi proche et si simplement auprès de ces « beautés » archéologiques. C ‘est bien une des spécificités du Pérou qui regorge de merveilles en ce genre et que l’on peut admirer le plus simplement du monde. De par la pauvreté du pays, il n’y a pas de sécurité accrue pour protéger ces trésors. Une petite station de contrôle et de paiement tout au plus mais cela ne va pas plus loin. Nous irons de auvents en auvents, tout en prenant garde de rester sur le chemin tracé. Nous sommes en effet sur une immense cimetière à ciel ouvert et nous pourrions facilement marcher en cas d’écart, sur un des multiples tombeaux. Il y a d’ailleurs encore plein de tissus, os et dents à même le sol qui n’intéressaient pas les nombreux pilleurs de tombe.
Le soleil commence à se coucher sur ce lieu de sépulture sacré et le silence pesant, renforcé par l’immensité désertique des lieux, donne un résultat saisissant. Atmosphère du bout du monde ? Une de plus…Nous rentrerons sur Nazca, fascinés par ce que nous venons de voir et qui plus est, n’était pas prévu au programme, avant d’effectuer 2 visites bien moins intéressantes car plus touristiques qu’authentiques, dans un atelier de poterie et une extraction de minerai d’or. Nous mangerons dans un petit restaurant du centre ville où nous pourrons admirer des danses traditionnelles, tout en dominant la petite place publique de Nazca. Il sera ensuite l’heure de récupérer nos bagages avant d’attendre le bus pour un autre trajet de nuit qui nous mènera à Arequipa. C’est vers minuit passé que nous quitterons Nazca, bien contents d’avoir pu en découvrir les différentes merveilles archéologiques comptant parmi les plus connues de l’histoire de l’humanité.