vendredi 6 juin 2008

Mardi 18 mars 2008 : La magie Santa Catalina


Par Cécile
Après une deuxième nuit de bus, nous découvrons au petit matin Arequipa, joliment surnommée la Ville Blanche, en rapport avec le sillar, une roche volcanique claire avec laquelle ont été batis l'ensemble des beaux édifices de l'époque coloniale. Les habitants se plaisent même à dire que la lune a oublié d'emporter la ville lorsqu'elle s'est séparée de la terre.

La gare routière se trouve en périphérie du cœur historique, dans des quartiers plus modestes.
A la sortie du bus, les passagers accèdent a un petit salon attribué à chaque compagnie. Tandis qu’Hervé, dans notre configuration habituelle s’est dirigé pour vérifier l’attribution des bagages, j’aperçois à la sortie opposée un monsieur une pancarte à bout de bras nous désignant. Je vais me présenter à lui et lui indiquer que nous attendons nos sacs à dos. Ce n’est pas un conducteur de taxi mais un employé de l’agence de tourisme qui effectue notre transfert, nous donne des indications sur les jours à venir et de précisions sur les excursions retenues. Nous traversons la ville pour rejoindre l’hôtel. Un établissement agréable avec chambre double et salle de douche privée. La grande classe. La chambre n’est pas tout a fait prête et la direction de l’hôtel nous offre un thé en attendant de pouvoir en prendre possession. Les bagages ont été montées. Nous sommes dans un autre monde basé sur le confort…Ce n’est pas si désagréable et nous devons bien avouer que ce n’est pas pour nous déplaire.
Le guide consulté, nous partons à la découverte de la cité. Celle ci a été occupée, après les Aymara et les Incas, par les espagnols et leur présence se traduit aujourd’hui par l’architecture du centre : une belle leçon d’esthétisme. La configuration est semblable a de nombreuses villes du Pérou où tout s’articule autour de la place centrale Plaza de Armas.
Nous errons dans les rues et apercevons les bâtiments avec patios et cours intérieures. Le centre ville est beau et appelle à la détente, assis a une terrasse de café dans une cour intérieure. Nous voilà donc installé pour déguster une crêpe a côté d’une famille francophone. Il s’agit d’un couple suisse parti avec ses deux enfants en tour du monde d’un an. Ça donne de nouvelles idées…
Bien rassasiés, nous décidons d’aller visiter le couvent Santa Catalina. Il sera parmi nos plus beaux souvenirs du tour du monde. Ma description ne sera jamais à la hauteur de la réalité.
Il est unique à plusieurs titres. Outre sa beauté, c’est un des plus grands couvents au monde. Construit au 16ème siècle, c’est une véritable ville dans la ville avec ses nombreux cloîtres. Chacun à son style et ses couleurs lumineuses virant du jaune bouton d’or à l’ocre puis au bleu. Il y a des rues égayées par des pots de fleurs, des cours, un jardin avec une fontaine. Chaque sœur à ses appartements composés au minimum d’une chambre, d’une petite cour avec un four. Il y avait parfois des appartements pour les servantes.
En effet, à l’origine, le couvent accueillaient les cadettes de l’aristocratie (les filles aînées étant destinées au mariage). Cependant, elles ne se vouaient pas corps et âme à dieu comme l’exige la religion : des visiteurs étant acceptés a certaines occasions festives et de détente. L’ordre y fut donc rétabli, aucun visiteur n’y était accepté et les religieuses y vivaient recluses. C’est en 1970 sur la demande du maire de la ville que le couvent ouvrit ses portes au public.
Ce havre de paix a été classé au patrimoine mondial. C’est après 3 heures d’admiration a déambuler dans ces dédales de petites rues et appartements coquets et quelques dizaines de photos que nous nous décidons à quitter le merveilleux édifice.
Nous décidons d’acheter de quoi se restaurer dans notre chambre d’hôtel lorsque nous nous retrouvons nez à nez avec une procession. Cela fait Tilt dans ma tête : nous sommes en semaine sainte… L’engouement et la ferveur religieuse sont impressionnantes. Dans la foule se mêlent petits et grands, tous milieux confondu. Ils portent des chars à l ‘effigie de la vierge, du Christ. Fait marquant des groupes corporatistes participent à la fête et nous apercevons des militaires et policiers y participent activement revêtus de leurs uniformes officiels. Ou en est-on de la séparation de l’état et de la religion au Pérou ?
Sur le chemin nous ramenant à l’hôtel à travers cette marée humaine, j’ai une pensée émue pour ma grand mère paternelle. Nous achèterons quelques empenadas que nous mangerons tranquillement dans notre chambre d’hôtel. Il nous tarde en effet de rentrer prendre une bonne douche, de manger un bout devant les photos nouvellement prises et surtout de nous coucher. Nous en avons effet passé les deux dernières nuits dans les bus et nous avons, de par le mode de transport et l’angoisse d’être détournés (fait qui arrive parfois au Pérou) très peu dormi. Et puis demain, nous partons pour une excursion de 2 jours sur les hauts plateaux andins à plus de 3500 m d’altitude. Autant être en forme…

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