mercredi 3 septembre 2008

Lundi 24 Mars 2008 : Sur la route de Cuzco…


Par Cécile
La fin de notre périple s’approche à grands pas mais l’intérêt des sites à découvrir n’en est pas moins subjuguant. Et c’est dans cet esprit de faire profiter nos 5 sens des rares jours qu’il nous restent que nous prenons la route de la splendide – au dire de mon papa- cité de Cuzco.
Mais ne nous emballons pas et nous n’irons pas directement à la case de l’ancienne ville symbole de l’empire inca sans découvrir quelques lieux culturels péruviens.
Une navette nous transfère donc de l’hôtel à une société de transport privée qui ne se situe pas à la gare routière. Nous pénétrons dans le hall d’un bâtiment où se situe le guichet d’embarquement. Nous laissons faire notre accompagnateur quant à l’enregistrement des bagages et la détermination de nos places. La discussion s’anime un peu et nous restons stoïques devant l’animation qui se déroule devant nous, ne comprenant pas un traître mot de la conversation. De nouveaux passagers arrivent et l’hôtesse délaisse notre cas pour s’occuper d’eux. Allons nous partir ? Une fois les autres passagers enregistrés, notre accompagnateur nous fait signe de grimper dans le bus et se charge des bagages à mettre en soute. Bien que l’entreprise de transport nous semble sérieuse, Hervé ira vérifier que nos sacs intègrent bien le véhicule.
La première halte des quelques 400 Kms qui nous séparent de Cuzco se fera dans le village de Pucara où un mini-musée nous y attend. Le bus se gare au pied de la place de l’église et une étroite route en terre contiguë au bâtiment religieux mène jusqu’à un porche sans prétention derrière lequel s’abrite le musée. Il se compose de 3 pièces en enfilade et d’une cour intérieure. Découvrir un musée au pas de course, nous en avons une démonstration détonante même, s’il faut l’avouer, leur collection reste modique. Le guide oscille entre l’anglais et l’espagnol et nous présente une maquette reconstituant un site de trois temples incas de forme pyramidale. Les offrandes d’animaux et de femmes y étaient pratiquées, ces dernières symbolisant la beauté et la fécondité, dans le but de s’assurer une bonne récolte. Les hommes n’étaient pas épargnés non plus par les croyances religieuses puisque les guerriers décapitaient la tête de leurs ennemis afin de recouvrir leur face… Après cet intermède quelque peu violent mais ne s’éloignant finalement pas de celle de nos ancêtres des jeux du cirque ou de quelques compatriotes contemporains, nous quitterons le musée et le village non sans observer – spécificité de ce dernier et de la région - que deux petits taureaux se situent sur le toit des maisons afin d’apporter chance et sécurité aux habitants de ces dernières.
Notre route nous fera rejoindre les ruines de Raqchi, seconde étape de notre circuit, qui se présente comme un ancien site inca composé de 3 zones – agricole, urbaine et religieuse- avec un temple imposant. Les ouvertures sont de forme trapézoïdale afin de prévenir les effondrements, la région étant à fort risque sismique. Nous apprenons les multiples significations de la croix andine où sont représentés les 4 pôles géographiques et les 4 éléments ainsi que la symbolique des animaux représentés ; l’aigle pour l’intelligence, le jaguar pour la force, et le serpent pour la nature. L’édifice central se reposait sur 22 immenses colonnes dont ne subsistent aujourd’hui que les fondations, victimes de la conquête des conquistadors espagnols. Sur le chemin du retour, nous longeons des parcelles verdoyantes où s’amusent des enfants et ou sont absentes toutes références à la civilisation moderne. La sensation de faire partie d’un cliché volé d’un photographe aventurier sur un bout du monde.. Un petit marché artisanal prend place entre le site et le parking des véhicules collectifs ou nous sont proposés de multiples objets en rapport avec la visite effectuée.
Nous prenons maintenant la direction du village d’Andahvaylillas (je préfère l’écrire que le prononcer…) pour découvrir une église jésuite dont la particularité est qu’elle recèle d’influences diverses et surprenantes. Une étoile au plafond fait référence à la culture arabe, un salif ainsi que le sol rappellent que le bâtiment se situe sur celui d’un temple inca. Avec un style baroque, les espagnols ont mis beaucoup d’énergie et d’argent dans le seul but d’inciter les incas qui ne voulaient pas se convertir à le faire… L’église fut d’ailleurs surnommée la chapelle sixtine de l’Amérique du Sud !
Nous avions rythmé ces visites par une halte déjeuner dans un village qui ne payait pas de mine mais où derrière la façade d’un bâtiment se cachait un petit jardin et une salle réunissant un buffet et des petites filles avec leur lama attendant l’attendrissement et la compensation financière des visiteurs…Sans oublier le groupe de musique péruvien, cela va sans dire…
Notre premier aperçu de la superbe Cuzco se fera en fin d’après midi moins d’une heure de route après notre dernière visite. C’est le passage d’une énorme porte ancrée au détour d’une des nombreuses vallées qui nous indiquera notre arrivée dans l’ancienne citadelle inca, berceau de cette civilisation si renommée. Avec Hervé nous sommes à la fois impatients et excités de pénétrer enfin dans sur terres chargées d’histoire….
La compagnie de bus nous arrêtera en périphérie de la ville où un taxi nous amènera à notre superbe hôtel avec patio intérieur situé en plein cœur de la ville, à deux pas de la place principale… Que demander de mieux ? Ce mini séjour en terre inca s’annonce sous les meilleurs auspices… Que cela continue !

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