dimanche 16 novembre 2008

Lundi 31 Mars 2008 : Welcome to Miami...


Par Hervé
Que de nouveauté et changements pour aujourd’hui ! Nouvelle semaine tout d’abord en ce lundi matin, très particulière car elle se verra être celle de la clôture de ce tour du monde et de l’arrivée à Montréal. Et puis aussi nouveau continent, si l’on peut dire, avec l’abandon de cette si belle Amérique du Sud pour sa voisine du Nord. Le stop pour Miami nous avait été plus ou moins imposé par notre voyagiste dans la mesure où il ne semble pas exister de vol direct entre le Pérou et le Canada. Peu importe, car nous avons comme ce fut le cas dans ce périple transformé certaines contraintes en opportunités. En ce sens, nous avions décidé et réussi quelques semaines auparavant à modifier les horaires pour transformer ce qui ne devait qu’être qu’une pause de quelques heures dans l’aéroport de Miami en un séjour de 48 h dans cette station balnéaire mondialement connue. Cette ultime étape sera de ce fait placée sous le signe de la détente, du farniente, de la décompression et du repos et sorte aussi de transition entre ce Tour du Monde et la nouvelle vie de plusieurs mois qui nous attend dans le pays à la feuille d’érable.
Une fois arrivés à l’aéroport, nous décidons pour nous alléger de déposer le gros de nos bagages à la consigne et de ne prendre que l’essentiel. Renseignements pris auprès des informations touristiques, nous prenons directement le bus direction le quartier si réputé de Miami Beach. Faisant front à l’Océan et connue dans le monde entier via les séries de TV américaines, Miami Beach est une étroite et longue bande de sable de plusieurs kilomètres, légèrement détachée de la ville et sur laquelle se trouvent l’ensemble des gigantesques palaces avec piscine. Et parlons en de ces palaces… Je m’étais dis qu’il serait quand même dommage de passer une nuit à Miami, qui plus est une seule et de surcroît la dernière de ce voyage, sans profiter de ces luxueuses installations et de ce cadre de rêve. Sans trop y croire cependant car nous imaginions les tarifs inabordables, échaudés en cela par le bungalow sur pilotis de Tahiti à 1000 euros la nuit…Mais renseignements pris sur Internet pour ne pas avoir de regrets, certains prix de nuitée se verront être tout a fait abordables, car négociés par des grands groupes, et ce à notre plus grande surprise et joie et aussi pour le bonheur de notre porte monnaie… Ayant par ailleurs géré le budget du voyage de main de maître (avec un solde positif à la fin du périple de 45 euros s’il vous plait cela mérite une salve d’applaudissements !), il nous restera assez de quoi nous payer une nuit de rêve dans un de ces palaces… Pouvions nous prévoir meilleure fin ? C’est donc tout contents de profiter ce petit luxe que nous montons dans le bus en direction de cette si dense et réputée presqu’ïle hôtelière.
Dans le bus, nous sommes tout d’abord surpris car le langage employé par la population indigène est l’anglais/ américain mais aussi et surtout l’espagnol. Nous qui pensions en avoir fini avec les ola et autre buenas tardes… Nous apprendrons en fait par la suite que plus de 60% de la population est hispanique d’où l’emploi des 2 langues dans la ville pour les consignes de sécurité, les panneaux d’information et autres…
Un petit accident sans gravité surviendra durant le trajet avec une porte automatique du bus se refermant au nez et à la barbe d’un vieil homme lors de sa descente et provoquant sa chute au sol, heureusement sans gravité car retenue par des plantations. Bien que très peu touché, le vieillard insultera le chauffeur innocent et réclamera l’arrivée des secours. Beaucoup de cinéma pour rien car bien sûr le vieil homme n’avait pas une égratignure mais cet incident aura eu pour cause d’immobiliser le bus en attendant les premiers soins et nous faire perdre une heure de notre précieux temps de farniente…
Une fois arrivés dans le quartier de Miami Beach, nous décidons de nous arrêter dans la zone nous semblant la plus opportune, la signalisation étant assez mal indiquée. Bien mal nous en a pris car les hôtels, très nombreux, sont répartis sur une étroite bande de sable de plusieurs dizaines de kilomètres de long. Et comme nous n’en avions pas réservé un en particulier mais noté deux ou trois pour décider du meilleur de visu, cela risque fort de s’avérer compliqué… Loin d’être découragés, nous commencerons notre recherche que nous entrecouperons d’une visite de cette si célèbre plage de Miami.
Un esthétique ponton de bois semblant longer toute la côte sépare les complexes hôteliers de la plage, permettant aux nombreux promeneurs et joggers de profiter de la vue sans pour autant se déplacer dans le sable. Par ailleurs, une large bande d’une vingtaine de mètres de plantes de sables sépare cette voie de la plage, laquelle s’étend ensuite sur une cinquantaine de mètres avant de défier l’Océan et ses grosses vagues d’écume blanche. Nous sommes fin Mars et donc hors saison mais cela n’empêche pas le soleil de venir se rajouter à ce cadre agréable ainsi que quelques résidants ou touristes profitant des rayons de ce dernier. Il y a même quelques baigneurs intrépides qui n’hésitent pas à se jeter à l’eau, preuve du climat tempéré en cette période. Quelques tours de surveillance de baignade, bungalows, chaises pliantes et autre parasols peu ouverts se disséminent sur la côte, laissant toutefois présager une activité estivale débordante…
Nous longerons pendant quelques minutes la voie côtière avant de retrouver la grande allée de Miami Beach qui nous permet de mieux voir le nom et adresses des différents hôtels. Ces derniers affichent de belles façades qui rivalisent de beauté, devant lesquelles sont garées de luxueuses voitures et d’où sortent des femmes tout aussi élégantes que ces dernières.
Nous marchons pendant plus d’une heure sous le chaud soleil de floride et nous commençons sérieusement à avoir envie de nous poser dans un de ces luxueux palaces. Finalement, nous décidons d’entrer dans un hôtel lambda pour accéder à la zone Wifi de ce dernier qui nous permet d’accéder à internet. Nous refaisons donc l’opération effectuée au Pérou en recherchant et réservant le meilleur hôtel au meilleur prix. Cela pourra vous sembler insensé mais les prix en passant par Internet sont plus intéressants qu’en prenant directement la chambre au comptoir ! Essai effectué et vérification faite avec l’hôtel ou nous nous situons avec une différence d’une bonne trentaine de dollars tout de même! Cela s’explique en fait purement et simplement par les grands groupes de réservation en ligne qui achètent et bloquent une grande quantité de chambres et qui peuvent ainsi demander à faire baisser les tarifs et les répercuter directement sur le client. De ce fait, nous choisissons ce qui nous semble être le meilleur hôtel à un prix intéressant et réservons notre chambre via Internet et un grand voyagiste en ligne, bien que nous ne nous trouvions qu’à quelques kilomètres du produit convoité… Nous reprenons ainsi notre bâton de pèlerin pour arpenter à nouveaux la grande allée de Miami Beach qui nous semblera être sans fin ! Il est déjà plus de 13h et nous avons très peu dormi dans l’avion cette nuit. Nous commençons de plus à avoir chaud, soif, sommeil et faim et il nous tarde réellement de disposer de notre chambre. Finalement, après de longues minutes de marche et avoir longuement hésité à prendre le bus ou le taxi pour achever notre calvaire, nous pénétrons enfin dans notre palace…ouf !
Le hall d’entrée est gigantesque. On pourrait facilement y coller 4 terrains de hand ball. Les plafonds sont très hauts et recouverts d’enluminures. Tout est par la suite constitué de marbre ou garni de plantes. La classe, quoi. Le luxe. La file d’attente pour s’enregistrer est en outre aussi grande que la longueur ou hauteur de l’immense pièce. Il va donc falloir encore prendre notre mal en patience. Finalement, après une vingtaine de minutes et les procédures d’enregistrement, nous montons dans l’ascenseur pour rejoindre l’un des multiples étages de l’hôtel où se situe notre chambre. Après avoir longé un grand couloir blanc où se trouvent des peintures, nous pénétrons enfin dans notre nid d’amour. La chambre est assez spacieuse avec un énorme lit qui doit être aussi large que long et garni de je ne sais combien de coussins. La salle de bains est très stylée avec un immense miroir recouvrant un pan de mur entier. Quant à la vue, c’est une grande baie vitrée qui donne sur la piscine de la résidence mais surtout sur le front de l’Océan. Super. Comme dans nos rêves. Malgré nos estomacs qui commencent à crier famine, nous ne pouvons nous empêcher de profiter du confort de nos installations en nous délectant d’un bon et relaxant bain chaud. Pendant que Cécile installera quelques unes de ses affaires dans la chambre et n’arrêtera pas de s’émerveiller devant la vue proposée, je ferai pour ma part couler l’eau chaude tout en préparant l’ordinateur que nous utiliserons lors de notre bain pour passer de la musique et surtout regarder un petit diaporama sur quelques unes des photos de notre voyage. Instants simples mais magiques que ces quelques minutes passées dans ce bain chaud de cette chambre de Miami Beach à se rappeler aux mémorables souvenirs du périple à peine accompli…
Nous sommes tirés de cette agréable pause par nos estomacs qui crient famine et qui réclament qu’on les nourrissent. Nous sortirons dans la rue et nous nous plierons une fois de plus aux coutumes culinaires et gastronomiques du pays en entrant dans une Pizza Fast Food… Bienvenue en effet en Amérique où la malbouffe est de mise avec des chaînes de restauration rapide qui abondent à chaque coin de rue, proposant frites, hamburgers, poulet frits ou pizzas et aussi boisson gazeuse à volonté, de sorte que l’organisme soit bien repu en gras et en sucre en sortant de table…Il est en même temps difficile de ne pas adopter cette attitude car cette mauvaise habitude culinaire fait partie intégrante de la culture du pays. Il n’y a pour cela qu’à rentrer dans les supermarchés pour se faire une idée de la chose. Ici, en l’occurrence, les boissons gazeuses, chips, muffins et autres barres chocolatées garnissent les rayons. Il est de ce fait plus difficile de trouver de l’eau plate, des fruits ou légumes et ces derniers sont en outre souvent bien plus chers qu’à l’accoutumée. Tous comme les restaurants où il vous sera plus facilement proposé des ailes de poulet ou des pizzas que des poissons grillés ou viande rôtie. Heureusement que nous ne sommes pas là pour longtemps… C’est donc rassasiés que nous sortirons de l’enseigne pour nous promener dans les environs de la zone hôtelière.
D’un côté se trouve une belle marina séparant Miami Beach de la ville et où se trouvent de luxueuses maisons avec grand jardin et bateau à moteur attaché au ponton de bois. De l’autre, ce sont les rouleaux de l’Atlantique qui viennent se fracasser sur cette belle plage, sous le regard bienveillant de cette armée d’hôtels rivalisant de hauteur et de splendeur, serrés les uns aux autres et dressés comme une forteresse face à l’immensité de l’Océan.
Par ailleurs, et c’est un constat auquel nous ferons face durant ce court séjour en terre américaine, tout est assez superficiel et derrière ce luxe que dégagent certaines installations, il n’y a rien à trouver. La banalité la plus absolue. En l’occurrence, aucune trace d’histoire ou de culture, d’un quelconque respect ou souvenir pour un fait passé, une personnalité importante.
L’antagonisme est d’autant plus majeur que nous venons de quitter le Pérou, pays aux mille richesses d’un point de vue historique et culturel. Ici, c’est plat, vide et on a beau gratter derrière les colonnes de marbres des entrées des grands palaces, rien ne nous invite à un quelconque voyage dans l’histoire, la culture ou le passé de ce pays.
Après une heure passée à errer dans les rues de notre quartier, nous rentrons dans notre chambre pour profiter du confort de cette dernière et nous reposer un peu. Nous profitons en outre et sans nous lasser du panorama dont nous jouissons depuis cette dernière. Nous nous renseignerons à la réception des activités à faire pour le lendemain avant d’aller nous sustanter à un petit restaurant à sushi pour la grande joie de Cécile. Auparavant, nous assisterons au coucher de soleil sur la belle marina, assis sur le rebord du quai, nos jambes se balançant au dessus de l’eau. Ce sera une fois de plus le temps des souvenirs et des réminiscences du voyage, le temps des adieux et du bilan de cette belle aventure qui touche à sa fin.
La soirée se déroulera tranquillement, à ressasser notre périple et préparer notre arrivée au Canada, assis sur l’un des nombreux transats de la grande piscine éclairée de l’hôtel, la quiétude de la nuit s’emparant peu à peu des lieux. Nous nous endormirons assez tôt dans le lit douillet de notre belle chambre, bercés par l’incessant roulement des vagues de l’Océan qui viennent s’abattre non loin de là. Une seule nuit à Miami mais qu'elle fut belle.

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