Nous prendrons le petit dejeuner dans notre agreable et charmante demeure du Kilka Hotel. Avec ses hauts plafonds et ses grands volets en bois, ses salles de bain au carrelage et robineterie d epoque, ses patios lumineux aux murs a la peinture defraichie et bacs debordant de grandes plantes vertes, cette auberge fera sans nul doute partie du Top 10 en terme de refuge. Cela n est pas forcement classe ni soigne certes , mais ce petit cote auberge espagnole nous plait beaucoup avec Cecile. Les brosses a dents qui debordent du pot dans la salle de bain, la petite cuisine qui ressemble a un champ de bataille, la guitare seche qui tient compagnie au chat sur le canape, les dizaines de magasines et livres en plusieurs langues qui tronent avec les jeux de societe sur la table basse... tout cela dans un incessant brouhaha, melange de discussions multilinguales et de musique d ambiance dont semble s extraire Guido avec un melange de serenite et d habitude, repondant aux multiples sollicitations de ses differents hotes avec une extreme gentillesse et servitude.
Cette journee est la derniere que nous passons en Argentine. Un taxi pour l aeroport a ete commande a notre auberge pour 20h00 car nous quittons le pays en fin de soiree pour rejoindre Santiago du Chili pour une poignee de jours.
La premiere etape de notre circuit nous conduira au quartier de San Telmo, connu pour etre la place forte du celebre tango argentin... Notre premiere visite nous conduira dans une immense halle ou se meleront grand nombre d etals de fruits frais et magasins d antiquites. Inutile de chercher un rapport quelconque entre ces deux activites... c est bien une caracteristique de l Argentine qui semble se donner le droit de ne rien avoir a mettre en relation ou de donner de sens aux choses. Tout cohabite dans un indescriptible bazar mais ce cote bigarre est somme toute assez interessant a analyser.
Nous arriverons ensuite a la fameuse place de San Telmo ou un restaurant proposera un peu plus tard une petite séance de tango assuree par des professionnels. Parfait. Le temps pour nous de nous promener dans le quartier, de visiter une eglise et de revenir a cette charmante petite place ensoleillee ou de multiples marchands de babioles et souvenirs ont installe leurs echoppes a meme le trottoir, sur l ensemble du grand perimetre rectangulaire formee par cette derniere. Nous nous installerons sur la terrasse du restaurant aux premieres loges de la petite piste de dance amenagee pour la demonstration de Tango. Il n y a encore que peu de touristes et nous patienterons donc autour d un petit verre tout en ecrivant nos cartes postales a nos grands parents. Ces derniers ne disposant pas d internet ne peuvent en effet se rendre sur le blog pour prendre directement de nos nouvelles. Pour pallier a ce manque, nous envoyons donc des cartes postales... Nos parents respectifs se chargant par la suite de leur conter le recit de nos aventures au telephone (France Telecom peut nous remercier...) ou d imprimer les pages du blog transmises aux cours des differentes entrevues familiales... Ainsi, toute la famille est concernee quasiment en temps et en heures...Seuls mes grands parents maternels, que je felicite d ailleurs, se sont mis aux nouvelles technologies et a internet et nous suivent ainsi directement sur le blog ou nous envoient des emails. A respectivement 78 et 80 ans, c est quand meme assez peu courant pour le souligner...
Arrive ensuite l heure de la demonstration de Tango. Le couple de danseurs s est mis sur son 31. Chemise blanche, costard, borsalino et chaussures rutilantes pour monsieur, decollete noir, jupe echancree rouge et talons aiguilles pour madame. S ensuivra alors une demonstration d une quinzaine de minutes de tango qui nous laissera pantois car la danse que nous sommes en train de decouvrir est en fait tres particuliere. Premierement, c est une danse tres sensuelle. Les corps se touchent, se frolent, s etreignent, les regards sont profonds, charmeurs, provocateurs... Deuxiemement, les expressions du visage sont tres changeantes comme si la danse evoquait une histoire. Une sorte de scene de theatre avec des mouvements tres sensuels en fait... Nous ne nous attendions pas a cela avec Cecile. Pas autant de rapprochement entre les danseurs, pas d histoire qui nous soit contee sous fond de sensualite. Moment fort donc que cette demonstration de danse auxquelles nous assistons dans ce quartier de Buenos Aires ou le tango argentin a pris ses racines. Nous sommes biens et heureux avec Cecile que de se laisser envahir par cette danse charmeuse le temps de quelques minutes. C est aussi cela les instants inoubliables du Tour du Monde. Pas seulement des raies qui sortent d un lagon ou des curiosites naturelles epoustouflantes. Non, cela peut etre aussi tout simplement quelques pas de danse typique admires paisiblement autour d un verre sous la quietude d une placette ou le temps semble s etre arrete.
La deuxieme partie de notre visite nous amenera en debut d apres midi dans le quartier repute de la Boca. Si celui de San Telmo est le berceau du tango, celui de La Boca est dedie au Futbol. Il abrite en effet le stade peint entierement aux couleurs bleues et jaunes d un des deux clubs mythiques de la capitale. Celui du repute Boca Juniors ou la star Maradona a evolue pendant de nombreuses annees... L autre club est celui de Riverplate. C est notamment dans ce bouillonnant stade de La Bombonera qu a lieu le Superclasico entre ces 2 clubs de la capitale. Ambiance garantie... Car ici en effet comme dans tout le pays et meme dans toute l Amerique du Sud, le Futbol est une veritable religion. Il n y a pas de Une de journal sans que le theme ne soit grandement aborde et ce ne sont pas moins de 5 chaines de TV qui parlent constamment de ce sport, que ce soit a travers de retransmissions de matchs ou d emissions 100% ballond rond. Apres avoir arpente les abords de ce stade, nous entrons de plein pied dans le quartier de La Boca rendu celebre par la coloration multiple et vive de ses habitations de tole ondulee. On dirait que l on a remis a chacun des habitants des pots de couleur petante differents avec pour mission de repeindre entierement les portes, murs, encadrements de fenetres, escaliers avec le maximum de contraste possible. Cela donne donc un rendu detonnant avec des habitations aux teintes bigarrees ou vient s ajouter le floklore des quartiers touristiques avec petits marches ambulants, terrasses de restaurant installees sur les trottoirs, demonstrations de tango... Vraiment sympa a voir.
Nous prendrons par la suite un bus public qui nous ramenera a la place de Mai visitee la veille et ce afin de nous rapprocher de notre auberge. Nous ferons un petit crochet dans l artere commercante visitee la veille afin de retrouver Flipo, le musicien magique. Quelle deception de voir que ce dernier n etait pas la... Je ne pourrais donc pas, a mon grand desarroi, m encquerir de son oeuvre intitulee La Mano de Flipo... Mais je ne perds pas espoir, un avis est publiquement lance... si vous allez sur Buneos Aires ou connaissez Flipo, contactez moi ! Avant de rentrer, nous ferons une halte au Cafe Tortorini qui est une attraction en soi car le plus vieux de la capitale avec 150 ans d existence et une origine francaise. Une replique exacte d une brasserie parisienne nous sera alors proposee tandis qu un des chocolats chauds les plus delicieux jamais goutes nous sera servi. Allez savoir pourquoi mais l Argentine excelle dans cette boisson. Nous nous en etions fait la remarque a Ushuaia et celle ci est confortee par cette experience gustative qui nous laissera un souvenir gustatif quasi imperissable. Cecile essaiera bien de demander la recette mais c estait bien sur peine perdue... Nous rentrerons tranquillement a notre gite non sans acheter un dernier bout de viande a nous contocter sur la terre argentine. Ce dernier repas sera malheureusement moins bien apprecie que les autres car avale en toute vitesse. Le taxi a en effet de l avance et c est en 2 minutes chrono que nous prendrons nos sacs et ferons des adieux chaleureux a Guido et Olivier, un francais rencontre sur place. Pendant les 45 minutes du trajet qui nous menera a l aeroport international Benitez, je ne cesserai de repenser avec excitation a un mail recu quelques minutes avant le depart. Celui du selectionneur de la Province du Quebec qui a ete informe de ma venue sur Montreal et qui me propose de rejoindre la Selection pour effectuer une tournee en France fin avril... Deux perspectives aussi interessantes qu excitantes pour moi. Celle sportive tout d abord qui viserait a priori a une possible selection au sein de la Province du Quebec avant meme que je n ai atterri sur le sol canadien (j avais auparavant etabli des contacts avec mon club sur Montreal qui a transmis semble t il les informations) et celle d un possible retour en France seulement 4 mois apres avoir quitte le pays. Beaucoup d excitation donc avec ces perspectives nouvelles qui me donnent presque envie d arriver rapidement sur Montreal pour en avoir reellement confirmation...Mais j essaie, meme si c est difficile, de ne pas m emballer car la deception pourrait etre grande en cas de non concretisation de ces expectations et puis il nous reste encore une vingtaine de jours de voyage dont il faut profiter au maximum...
Arrives a l aeroport, nous nous insererons dans la file d attente de notre vol qui ne cessera de grossir et de ralentir. Les raisons sont qu au fur et a mesure de l arrivee des voyageurs et du grossissement de la file, les hotesses d accueil ferment leurs guichets 1 a 1 ce qui a tendance a enerver les futurs passagers. Il ne restera plus que 2 guichets d ouverts pour enregistrer les 25O clients du vol alors que le bagagiste, insensible aux mouvements de la foule, fera du MoonWalk sur le tapis roulant des bagages... Une enieme taxe d aeroport a payer ce qu aura tendance a m enerver car nous avons achete nos billets TTC ce qui dans mon esprit cartesien signifie toutes taxes comprises. Alors que depuis que nous sommes en Argentine, nous payons souvent une taxe en plus, que ce soit a El Calafate, Ushuaia ou ici Buenos Aires. Cela commence a faire un peu beaucoup...Renseignement pris aupres de la personne concernee, il s agit en fait d aeroports qui sont des concessions privees et donc soumises a taxe...ce qui n est pas le cas avec les aeroports publics.
Nous quitterons l aeroport international aux alentours de Minuit pour rejoindre Santiago du Chili a quelques centaines de kilometres de la. Bye bye l Argentine, pays qui n etait pas forcement sur notre trajet initial mais qui s averera etre finalement la bonne surprise de ce Tour du Monde...
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